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FRÉDÉRIC DE MONICAULT. | Le Figaro 1er juin 2007

L’Espagne au coeur des grandes manoeuvres dans l’énergie

vendredi 1er juin 2007 par Frédéric de Monicault
La montée d’Albert Frère au capital d’Iberdrola, le deuxième électricien ibérique, alimente les spéculations autour des intentions des géants du secteur.

LES GRANDES manoeuvres reprenNent dans l’énergie en Europe. Mais avaient-elles vraiment cessé ? Alors que le feuilleton Suez-Gaz de France dure depuis quinze mois et que le découpage de l’espagnol Endesa n’est toujours pas effectif, voici que les scénarios mettant aux prises les grands opérateurs recommencent à circuler.

À l’origine de ces spéculations, la montée d’Albert Frère, le financier belge, au capital d’Iberdrola, le deuxième électricien espagnol, derrière Endesa (lire nos éditions du 31 mai).

Les deux holdings de l’homme d’affaires, GBL et CNP, ont pris 5 % d’Iberdrola, pour plus de 2 milliards d’euros. Les marchés ont apprécié, qui croient depuis longtemps au dynamisme de ce secteur en Europe et à la vague de concentrations qu’il doit générer. Hier matin, le titre EDF s’est envolé à la Bourse de Paris, à plus de 3 %, avec une capitalisation proche de 130 milliards d’euros. L’action du groupe français a finalement clôturé en hausse de 1,64 %, à 68,93 %. Cette accélération est loin d’être un épiphénomène car on prête à tous les grands groupes l’intention de consolider leurs positions. À cet égard, l’Espagne est aujourd’hui considérée comme l’un des marchés les plus attractifs en Europe en matière d’énergie.

Pour autant, les avis sont loin d’être unanimes quand il s’agit d’analyser les intentions d’Albert Frère. Aux yeux de certains, le renforcement de la participation dans Iberdrola représente d’abord une belle opération financière. Pour d’autres observateurs au contraire, il convient de voir beaucoup plus loin.

Rapprochement franco-espagnol

Ceux-là imaginent déjà une alliance entre Suez, dont Albert Frère est le premier actionnaire, et le puissant groupe de BTP espagnol ACS pour prendre le contrôle d’Iberdrola. Pour Suez, qui a augmenté récemment sa participation (à 10 %) dans Gas Natural, cela pourrait représenter une alternative à la fusion avec Gaz de France, en souffrance depuis de longs mois, si cette opération ne se faisait pas. Pour ACS, désireux depuis longtemps de se renforcer dans l’énergie, une association avec Suez tomberait à point nommé. Reste, comme le souligne un expert du secteur, « que les différents scénarios dans l’énergie en Europe sont susceptibles d’être infirmés à tout moment ».

On l’a bien vu avec le dossier E.ON-Endesa, amorcé voici près d’un an et demi. Voici quelques semaines encore, le géant allemand semblait tout proche d’avaler son homologue ibérique. Avant que les pressions du gouvernement espagnol ne fassent pencher la balance différemment. Finalement, c’est l’italien Enel, associé à un autre groupe de BTP espagnol, Acciona, qui devrait bientôt lancer une OPA sur Endesa. C’est d’ailleurs l’une des grandes leçons de l’Europe de l’énergie actuelle : même dotés d’une grande marge de manoeuvre financière, les opérateurs doivent compter avec le poids des États.

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