Liste des auteurs

L’État a-t-il ordonné l’abandon des salariés ?

jeudi 15 mars 2012 par SEBASTIEN MADAU
Les salariés de Fralib accusent le ministère du Travail d’avoir exigé de la Direction du travail qu’elle ne publie plus d’observations sur le plan social menaçant 182 emplois.

Détermination hier matin du côté des salariés de Fralib. Lors d’une assemblée générale, les responsables syndicaux leur ont en effet annoncé posséder des éléments « prouvant que l’État a donné l’ordre à son administration de ne rien publier qui puisse compromettre le plan social d’Unilever ». Visées : la Direction régionale des entreprises, de la consommation, du travail, de l’emploi (Directe), ex-Direction du travail, et la Préfecture.

En jeu : 182 emplois menacés par la décision émise en septembre 2010 par le géant de l’agroalimentaire Unilever de liquider le site de Gémenos. « Un coup de poignard dans le dos », selon une salariée présente à l’assemblée. « Comment peuvent-ils nous regarder en face ? »

Le ministère exigerait de ne plus interférer

Selon Olivier Leberquier, délégué syndical de Fralib (CGT), « la Directe nous avait annoncé qu’elle avait établi une lettre d’observation faisant suite à son étude détaillée du plan social ». Une démarche que la Directe avait déjà assurée lors des deux procédures précédentes (deux plans invalidés ensuite par la justice). Les observations effectuées à l’époque avaient sûrement pesé dans le sens de l’invalidation. Ce qui pourrait répondre à certaines interrogations…

Mais pour la troisième mouture du plan social, « la lettre promise existe mais n’a jamais été envoyée. On nous a répondu que l’ordre venait du ministère du Travail ». Un ordre qui consisterait à « exiger que l’État n’interfère plus dans le dossier ».

Cet élément c’est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein. « Cela confirme en tout cas les liens établis entre l’État et Unilever. Le 29 février dernier, Matignon nous avait promis une réponse avant le 7 mars pour pousser dans le sens d’une table ronde. Depuis, on nous a laissés sans nouvelle. »

Quant à la Préfecture, « la Directe a rédigé un PV qui pouvait arrêter le plan social et lui a envoyé pour signature. La Préfecture l’a gardé sans donner suite. Le délai de carence de validité du document a été dépassé ! Il est caduc mais ce document existe ! »

Pour l’heure, les Fralib peuvent tout de même compter sur le courrier d’un inspecteur du travail daté du 9 mars dernier qui, lui, n’épargne pas la manière dont a été mené le plan social (lire ci-dessous).

Du coup, les salariés et des représentants de l’Union départementale CGT, conduits par la secrétaire générale Mireille Chessa, ont décidé d’aller demander des comptes à la Directe au cours d’une opération surprise d’occupation des locaux administratifs à Marseille (lire dans la Marseillaise du 15 mars).

Pour l’heure, la Préfecture et le ministère du Travail n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !