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Article de FRÉDÉRIC DE MONICAULT. Publié dans Le Figaro le 12 octobre 2006

L’Europe menacée de pénuries d’électricité

jeudi 12 octobre 2006 par Frédéric de Monicault
L’Observatoire européen des marchés de l’énergie publié par Capgemini atteste du déficit d’investissements dans les infrastructures de production.

LA SÉCURITÉ européenne d’approvisionnement énergétique continue de se détériorer. À l’heure de l’inflation des prix de l’énergie - et malgré l’augmentation des investissements -, le principal enseignement du dernier Observatoire européen des marchés de l’énergie, publié aujourd’hui par Capgemini, résonne comme un avertissement.

Dans un passé proche, les coupures de courant en talie et en Suisse ont montré que le « black-out » électrique n’était plus un risque théorique. Actuellement, selon l’Observatoire, la situation en [Espagne-< mot 46] est particulièrement préoccupante en raison d’une très faible marge pour augmenter leur capacité de production dans la perspective d’un événement exceptionnel.

L’Observatoire étaye en effet son verdict sur le calcul de cette marge des opérateurs qui représente « ce qu’ils ont sous le pied » pour faire face à des conditions de consommation qui deviennent de moins en moins rares, telle une vague de froid ou un épisode de canicule. Cette marge est variable selon les pays, mais il ressort qu’elle est passée de 5,8 % en 2004 à 4,8 % en 2005, son plus bas niveau historique.

« Ce faible niveau des marges met en exergue les risques élevés pesant sur la sécurité d’approvisionnement et souligne qu’il est nécessaire d’investir dans les centrales de production 700 milliards d’euros d’ici à 2030, pour ramener ces risques à des niveaux acceptables », souligne l’Observatoire.

Les parts de marché au détriment des infrastructures

Certes, les grosses entreprises du secteur ont recommencé à investir dans leurs moyens de production et leurs réseaux avec une rentabilité améliorée grâce à l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité. Mais cela ne suffit pas. « Plusieurs éléments expliquent ce déficit : confrontés à la dérégulation du marché, des opérateurs cherchent avant tout à regagner des parts de marché, investissant d’abord dans des bases de clientèle (souvent à l’étranger) plutôt que dans de nouvelles infrastructures. Par ailleurs, du fait de la lourdeur des procédures administratives, les délais de construction de ces infrastructures se sont sensiblement allongés, augmentant les risques des opérateurs », souligne Colette Lewiner, directeur international du secteur énergie, utilities et chimie chez Capgemini.

Celle-ci rappelle aussi utilement qu’il s’agit de très gros investissements, courant sur plusieurs dizaines d’années, ce qui fait planer un risque sur les comptes des opérateurs. « Voilà pourquoi ils se montrent volontiers prudents, peu aidés il est vrai, par les nouvelles règles de marché qui induisent une volatilité accrue de leur base de clientèle ainsi que des prix de gros. »

Dans sa dernière livraison, l’Observatoire de Capgemini montre bien le bond (+70 %) enregistré par les prix spot de l’électricité sur les marchés, entre 2004 et 2005, à hauteur de 270 euros par mégawatt (MW). Outre l’équilibre fragile entre offre et demande, l’Observatoire insiste sur la flambée du baril, mais aussi sur l’augmentation des prix des certificats de CO2.

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