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Maguy Day | Le Monde le 17 janvier 2007

L’Europe orientale et l’Asie centrale vivent de l’argent de leurs migrants

mercredi 17 janvier 2007 par Maguy Day

Les pays d’arrivée et les pays d’origine peuvent tout autant bénéficier de l’immigration que les migrants. Pour en arriver à cette conclusion, la Banque mondiale s’appuie sur une analyse des migrations et des envois de fonds des travailleurs migrants en Europe et en Asie centrale (ECA), dans la mesure où les pays de cette région attirent un tiers du total mondial de ces flux financiers destinés aux familles restées au pays.

Parmi les dix premiers pays choisis par les candidats à l’émigration, on trouve l’Allemagne et la France, respectivement en troisième et cinquième positions, mais surtout la Russie, deuxième après les Etats-Unis, et également l’Ukraine, le Kazhakstan et la Pologne.

La Banque mondiale, qui se préoccupe habituellement des questions de transferts de fonds, y associe, dans ce rapport, rendu public mardi 16 janvier, l’étude des mouvements migratoires.

Après les investissements directs étrangers (IDE), l’argent des travailleurs émigrés est la deuxième source de financement externe pour beaucoup de pays de la région. Il représente 27 % du produit intérieur brut (PIB) de la Moldavie. La Bosnie-Herzégovine, l’Albanie, le Tadjikistan ou l’Arménie figurent parmi les vingt premiers pays financés par l’argent de la diaspora.

En 2004, le montant total de ces transferts en direction de la région ECA a atteint 19 milliards de dollars (14,7 milliards d’euros), soit 8 % du montant total des transferts dans le monde (232 milliards de dollars, 179 milliards d’euros) et 12 % des sommes reçues par les pays en développement.

Ces fonds, exerçant un "impact positif léger sur les évolutions macroéconomiques de long terme", constituent une réserve de change importante pour ces petits pays à économie ouverte, notent les experts.

Les mouvements de population peuvent aussi bénéficier aux Etats où choisissent de s’installer les migrants, estime la Banque mondiale. Pour résoudre le paradoxe du besoin en main-d’oeuvre des pays occidentaux et lever leurs craintes de voir les migrants s’installer définitivement, la Banque mondiale préconise l’utilisation de primes au retour partiel pour favoriser un mouvement circulaire. Dans le cas de déplacements de courte durée, "l’intégration de ces motivations d’ordre économique devrait permettre d’ajuster la demande de travail à l’offre", explique Bryce Quillin, coauteur du rapport.

DES ÉQUILIBRES AMENÉS À ÉVOLUER

"La migration circulaire peut être triplement profitable : aux migrants, aux pays de départ et aux pays d’arrivée", estime Willem Van Eeghen, économiste en chef à la Banque mondiale. L’organisation internationale estime que, à l’horizon de vingt-cinq ou cinquante ans, ces équilibres évolueront. Les mouvements de populations, d’abord motivés par la chute du rideau de fer, le redécoupage des frontières en 1991 et les conflits dans les Balkans et le Caucase, sont aujourd’hui guidés par des impératifs économiques.

Dans moins de dix ans, la baisse des taux de natalité et le vieillissement dans les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) viendra changer la donne. "A l’exception de l’Albanie et de la Turquie, ces pays devront se tourner vers l’Afrique ou l’Asie pour satisfaire les besoins en main-d’oeuvre de leurs économies", précise le rapport.

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