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Une dépèche AFP 06 octobre 2005

L’Insee ne démord pas d’une prévision de croissance à 1,5% en France en 2005

jeudi 6 octobre 2005

PARIS (AFP) - L’Insee continue de tabler sur une croissance française de 1,5% en 2005 sous l’effet de deux tendances antagonistes : la bonne tenue de la consommation grâce à une embellie de l’emploi, mais aussi un creusement du déficit commercial, dans sa note de conjoncture publiée jeudi.

L’Institut national de la statistique et des études économiques maintient le pronostic d’une croissance à 1,5% en 2005, comme en juin dernier, soit le bas de la fourchette du gouvernement, qui table lui sur 1,5 à 2%.

"La croissance plie mais ne rompt pas", malgré la hausse des prix pétroliers, a résumé au cours d’un point de presse Michel Devilliers, chef du département conjoncture de l’Insee.

Au troisième trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 0,4%, puis de 0,3% au 4e trimestre, selon l’Insee. L’acquis de croissance au premier semestre est de 1,2%, avec un deuxième trimestre marqué par une quasi-stagnation (+0,1%).

Deux tendances inverses sont à l’oeuvre, a expliqué Karine Berger, chef de la division Synthèses conjoncturelles de l’Insee. D’un côté, "la France tire de plus en plus difficilement parti d’un commerce international pourtant encore bien orienté", avec un "déficit commercial cumulé qui, à 13 milliards d’euros, dépasse d’ores et déjà celui de l’année 2004 dans son ensemble", a souligné Mme Berger.

Au total, les mauvais résultats de la balance commerciale "amoindriraient de près de 1 point la croissance de notre économie", selon la note de conjoncture, qui explique que "l’ancrage de l’euro au-dessus de 1,20 dollar pourrait avoir entamé la compétitivité-prix" de la France "plus fortement qu’escompté".

Le secteur industriel est le premier à pâtir de cette situation. L’Insee s’attend ainsi "au mieux à une stagnation de la production manufacturière en seconde moitié d’année". Or, "tandis que le secteur industriel français plafonne, celui de l’Allemagne progresse très fortement", souligne Mme Berger.

Du même coup, la production énergétique devrait elle aussi stagner. De son côté, le secteur des transports devrait être affaibli par la hausse des prix de l’énergie.

Mais, à 1,5% de croissance, la France s’en sortirait tout de même mieux que la moyenne de la zone euro, qui n’atteindrait que 1,3%, selon l’Insee.

L’explication est à chercher du côté de la consommation. Cette "endurance de la demande des ménages français" est soutenue par "la reprise de l’emploi salarié dans le secteur concurrentiel", remarque Karine Berger.

L’Insee revoit ainsi sa prévision de chômage à 9,7% à la fin de l’année, contre 9,8% en juin.

Le secteur concurrentiel devrait créer 50.000 emplois cette année, contre 5.000 en 2004, même si "dans la seconde moitié de cette année, ce sont surtout les mécanismes d’aide à l’emploi non marchand qui rejailliraient sur les évolutions du taux de chômage", selon l’Insee.

En tout, sur l’année 2005, l’emploi total devrait augmenter de 91.000, et le taux de chômage reculer à 9,7% en décembre contre 9,9% fin août. L’Insee tablait jusqu’à présent sur un recul moindre, à 9,8% à la fin de l’année.

Au final, c’est sur les prix à la consommation que les effets les plus tangibles de l’envolée des prix du pétrole devraient se faire sentir. L’inflation, jusqu’à présent contenue (+1,8% sur un an en août) devrait atteindre 2,1% en décembre.

Le pouvoir d’achat des ménages devrait cependant progresser un peu plus qu’en 2004 : l’Insee prévoit +1,9% contre +1,6% l’an dernier.

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