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Claire Guélaud | Le Monde le 23 mars 2007

L’Insee prévoit une croissance molle pour la France

vendredi 23 mars 2007 par Claire Guélaud

N’en déplaise aux candidats à l’élection présidentielle, qui multiplient les promesses coûteuses, l’espèce de langueur dont souffre l’économie française depuis quatre ans semble devoir persister en 2007. Une croissance "douce", pour ne pas dire molle, se profile au premier semestre : le produit intérieur brut (PIB) progresserait de 0,5 % au premier trimestre et de 0,6 % au deuxième, indique l’Insee dans sa note de conjoncture de mars 2007, présentée mercredi 21 mars.

"Au-delà des fluctuations au trimestre le trimestre, la croissance de l’économie française est installée depuis un an et demi sur une tendance annuelle de l’ordre de 2 % (...) et elle devrait croître légèrement au-dessus de ce rythme au premier semestre de 2007", écrivent les auteurs de ce document, en soulignant qu’au sein de la zone euro la France devrait "continuer de se distinguer" par une demande intérieure plus forte que celle de ses partenaires et par de moins bonnes performances à l’extérieur.

BAISSE DU CHÔMAGE

Alors qu’en Allemagne l’investissement et le commerce extérieur constituent le moteur principal de l’activité, la croissance française devrait rester essentiellement tirée par la consommation des ménages (en hausse de + 0,7 % à + 0,9 % par trimestre). Ces derniers profiteraient d’abord du repli de l’inflation, qui, grâce à la baisse des prix de l’énergie, serait ramenée à 0,9 % mi-2007.

Ensuite, d’une accélération du pouvoir d’achat de leur revenu disponible brut (RDB), à la faveur, entre autres, de la progression de l’emploi et du salaire par tête (+ 3,3 % en 2006 dans le secteur privé non agricole et un acquis de 2,5 % à la mi-2007).

Après une hausse de 2,7 % en 2006, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages - l’ensemble de leurs revenus net d’impôts et de cotisations sociales - enregistrerait un acquis de croissance de 3 % à la fin juin.

En revanche, l’investissement croîtrait plus modérément, et la contribution des échanges extérieurs à la croissance resterait négative, à - 0,2 point par trimestre. Après un net redressement en 2006 (+ 6,2 %), les exportations françaises devraient progresser beaucoup moins vite début 2007. Cette décélération s’explique par un environnement international moins porteur, par l’appréciation de l’euro - 10 % de hausse nous coûte 3/4 de point de croissance - et par les faiblesses structurelles de l’économie française (mauvaise orientation géographique de nos échanges, trop faible spécialisation de nos produits, morosité industrielle).

En 2006, 252 000 emplois ont été créés, dont 192 000 dans le secteur concurrentiel. En 2007, ce rythme de progression se poursuivrait avec une hausse de l’emploi total de 110 000 postes - dont 100 000 dans le secteur marchand - pour le seul premier semestre. Malgré les incertitudes pesant sur chiffres de l’emploi, le département de la conjoncture de l’Insee table sur une baisse du taux de chômage à 8,2 % en juin.

Selon Eric Dubois, patron des conjoncturistes de l’Institut, plusieurs aléas peuvent, toutefois, peser, à la baisse ou la hausse, sur l’économie mondiale et sur la croissance française : le marché de l’immobilier américain et la hausse des primes de risque sur les marchés financiers d’un côté, une capacité de rebond de la zone euro plus forte que prévu et le comportement d’épargne des ménages français de l’autre.En l’absence de tels aléas, il faudrait que le PIB français progresse de 0,7 % aux troisième et quatrième trimestres pour atteindre les 2,25 % de croissance. Soit le milieu de la fourchette retenue par Bercy pour le budget 2007.

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