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La Tribune - édition électronique du 09/09/05

L’Italien Enel s’insurge contre les manoeuvres espagnoles sur la Snet

vendredi 9 septembre 2005
Le groupe d’énergie italien voudrait s’emparer du groupe français Snet, actuellement contrôlé par l’espagnol Endesa. Mais Gas Natural, qui a lancé une OPA sur ce dernier, souhaite revendre directement la Snet à son compatriote Iberdrola.

L’Offre Publique d’Achat (OPA) hostile des Espagnols de Gas Natural sur le premier électricien espagnol Endesa n’est pas seulement critiquée dans la péninsule ibérique. L’administrateur délégué du géant italien de l’énergie Enel, Fulvio Conti, a poussé ce jeudi un véritable coup de gueule à ce propos lors de la présentation des résultats semestriels de son groupe.

Pour éviter des problèmes d’excès de concentration, Gas Natural a en effet signé un accord avec un autre groupe espagnol, Iberdrola, pour lui céder, en cas de réussite de son OPA sur Endesa, 20% des actifs d’Endesa. Or dans la liste de ces actifs qui changeraient ainsi de mains se trouvent non seulement quelques centrales en Italie où Endesa est présent mais aussi les 65% de la société française d’électricité Snet détenus par Endesa.

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"Je n’aime pas qu’ils fassent leur petite cuisine entre eux, ce serait une distorsion" du marché, a affirmé à Rome Fulvio Conti, qui en a appelé aux autorités de la concurrence.

Enel figure en effet déjà parmi les candidats à l’achat des 35% du capital restants de la Snet mis en vente par EDF et Charbonnages de France, soumis à un appel d’offres ouvert jusqu’à lundi prochain. La régie municipale italienne ASM Brescia est elle aussi sur les rangs pour racheter les 35% de la Snet, mais on la soupçonne d’agir en sous-main pour le compte d’Endesa, dont elle est l’alliée en Italie, dans le but de lui revendre ces parts, ce qui permettrait à Endesa de passer à 100% de la Snet.

Dans le cadre des négociations franco-italiennes sur le dossier épineux d’Edison, Enel avait bataillé pour avoir de bonnes chances d’accéder aussi au marché français via cette participation minoritaire dans la Snet. Mais pourquoi se contenter de 35%, ce qui laisse peu de marges de manoeuvres et de pouvoir de décision, quand on peut espérer plus ?

Enel caresse donc l’idée de pouvoir mettre la main sur la totalité ou du moins les 65% de la Snet détenus par Endesa. L’espoir est que les autorités de la concurrence, auxquelles en appelle le groupe italien, empêchent Gas Natural de vendre directement à Iberdrola les parts d’Endesa dans la Snet et surtout obligent Gas Natural à se délester, pour motif de concentration, de ces 65% de la Snet via un appel d’offres en bonne et due forme. "Je serais certainement très content d’acquérir la Snet", a indiqué à La Tribune Fulvio Conti.

Le gouvernement français devrait-il selon lui intervenir sur ce dossier de la Snet pour éviter un tel changement d’actionnariat entre Endesa et Iberdrola ? "Pour le moment, il est prématuré de parler de grande action de gouvernements", répond le PDG d’Enel.

"Je ne vais pas faire une offre en Espagne", a souligné Fulvio Conti, excluant ainsi de lancer une contre-OPA sur Endesa. "Nous allons attendre que la poussière retombe et voir le cadavre qui sera à terre" poursuit-il. "Nous ne faisons pas mystère d’examiner aussi de grosses acquisitions", se plaît-il à répéter, fort de ses 15 milliards d’euros disponibles à cet effet.

Quoi qu’il advienne sur le front de la Snet, Fulvio Conti pense boucler "d’ici la fin de cette année" son accord opérationnel avec EDF, qui lui ouvrira le marché français de l’électricité, notamment avec sa participation à hauteur de 12,5% dans le réacteur de nouvelle génération EPR.

Frank Paul Weber, à Rome

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