Liste des auteurs

LEMONDE.FR avec AFP | 05.04.07

L’autre campagne des bas-salaires, en grève et dans la rue

jeudi 5 avril 2007

Ils sont caissières de supermarchés, salariés de l’automobile, plieurs d’affiches électorales, agents d’entretien dans les trains. Ils sont tout près ou font partie de ces "17 % de Français" payés au smic – 1 254,28 euros brut à temps plein par mois, soit 984 net – et font grève contre leurs "salaires de misère". Se sentant exclus de la campagne électorale, environ 250 salariés de PSA Peugeot-Citroën du site d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et une cinquantaine de salariés de Clear Channel, le groupe américain chargé de l’affichage officiel de la campagne présidentielle dans toute la France, ont manifesté, jeudi 5 avril, devant la gare Saint-Lazare à Paris aux cris de "solidarité ouvrière !" et "augmentez les salaires, y en a marre des découverts !".

"PSA, Clear Channel, même combat !", scandaient les manifestants. Une partie des salariés de Clear Channel ont engagé une grève depuis lundi pour réclamer 200 euros d’augmentation. L’une d’entre eux, Jacqueline, 45 ans, n’"arrive plus à vivre", avec sa fille qu’elle élève seule : "On ne peut pas trouver de logement car on nous dit qu’avec 1 090 euros par mois, votre salaire est insuffisant. Même pour faire les courses, on est obligé de compter. (...) On est obligé de faire des heures supplémentaires, environ trois heures de plus par jour, et des samedis, pour atteindre un salaire correct."

"PAS DE PAUSE REVENDICATIVE"

"Cette grève, c’est pas à cause de la période électorale. On vient de finir les négociations salariales obligatoires, et la direction nous dit : ’Ou vous signez, ou on fait un constat de désaccord.’ Maintenant, on se dit pourquoi ne pas en profiter si on peut faire pression pour obtenir quelque chose ?", a déclaré José Ferreira, délégué CGT de Clear Channel."On se sent solidaire de vous", a-t-il déclaré aux salariés de PSA. "Vous avez fait connaître le problème des bas salaires", a-t-il ajouté avant de préciser : "On a les mêmes problèmes que vous avec les actionnaires qui se remplissent les poches."

Les "400" ouvriers (sur 4 500) de PSA Peugeot-Citroën à Aulnay-sous-Bois sont en grève depuis plus de cinq semaines, en demandant une augmentation de 300 euros net par mois, mais aussi un salaire de 1 525 euros net à l’embauche, le départ en préretraite à 55 ans pour ceux qui travaillent à la chaîne, et l’embauche des intérimaires en CDI. Ils ont, depuis, obtenu le soutien de plusieurs candidats à l’élection présidentielle dont Ségolène Royal, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet et José Bové. "On n’a pas choisi l’élection pour faire grève. Elle a démarré sur un ras-le-bol sur les bas salaires. Mais on se sert de l’élection pour faire aboutir nos revendications, car les politiques ne font plus leur boulot", a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de l’usine d’Aulnay. Le conflit a suscité un élan de solidarité en Seine-Saint-Denis, auquel les élus de gauche du conseil général ont fait écho en votant une aide de 20 000 euros à laquelle l’UMP veut faire opposition.

"Il n’y a aucune raison qu’il y ait une pause revendicative au motif qu’il y a une campagne électorale", soulignait mercredi le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, évoquant le "très grand nombre de conflits sociaux" actuels. "173 salariés" de Trans Service International, chargés de l’entretien des trains de nuit gare d’Austerlitz, sont en grève "à 90 %" depuis plus de vingt jours, et leur direction les a envoyés au tribunal. Le jugement est attendu vendredi. Loin des projecteurs, "une soixantaine" de salariés (sur 120) d’un Monoprix de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) ont également lancé une grève depuis plusieurs jours "contre des salaires de misère".

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !