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BERTILLE BAYART et FERYEL GADHOUM.| Le Figaro le 28 septembre 2007

L’avenir de Suez Environnement reste ouvert

vendredi 28 septembre 2007 par Bertille Bayart, Feryel Gadhoum
Le pacte d’actionnaires de la société est peu contraignant.

CHACUN voit midi à sa porte. Les termes du futur pacte d’actionnaires de Suez Environnement, auxquels les signataires sont en train de mettre la dernière main, donnent déjà libre cours à des interprétations divergentes. Le nouveau groupe GDF Suez (35 % du capital) et les grands actionnaires actuels de Suez (Caisse des dépôts, CNP et Areva, Crédit agricole et GBL, le holding d’Albert Frère) signeront un pacte de cinq ans, comme l’ont indiqué Les Échos, rassemblant jusqu’à 47 % du capital de Suez Environnement. Ces membres s’accorderont entre eux un droit de préemption.

Si l’un veut vendre, il proposera ses titres en priorité aux « petits » membres du pacte, puis à GDF Suez, puis à Suez Environnement lui-même, avant si nécessaire de les mettre sur le marché. « Ce pacte n’a aucune valeur », affirme un proche du dossier. « Il organise la sortie des petits actionnaires », dit un autre.

La vision du président de Suez est vraisemblablement différente. Gérard Mestrallet a souvent exprimé son attachement au « périmètre » de son groupe, intégrant l’environnement. Vu de sa chapelle, le pacte noué est réel. Certes, il ne contraint pas ses membres à conserver leurs actions, comme Suez l’a défendu ces dernières semaines sans obtenir gain de cause auprès de ses actionnaires et de l’Élysée.

« Les actionnaires ne seront pas juridiquement bloqués, mais ils seront retenus par leur portefeuille », note un proche du dossier. Pendant un délai que l’administration fiscale doit encore préciser - vraisemblablement deux ans - une cession des titres serait sanctionnée par l’impôt.

Pour Suez, l’essentiel serait donc sauf : une offre hostile sur sa filiale, même cotée, est exclue. D’autant qu’au-delà du pacte, Gérard Mestrallet compte sur les 2 % que détiendront les salariés voire sur l’entrée ultérieure de son partenaire espagnol Agbar (ou de son actionnaire la Caixa), ainsi que son allié historique de Hongkong, New World Development. Au total, la barre des 50 % du capital est franchie. Mieux, rien n’interdit à GDF Suez de se renforcer au-delà des 35 % et de conforter ainsi son lien avec sa future ex-filiale.

Politiquement sensible

Encore faut-il que l’État, véritable pilote de GDF Suez avec ses 35 % du capital et son poids dans son conseil (lire encadré), soit d’accord. Or, à ce stade, la ligne fixée par l’Élysée est très différente. Au cours des négociations du mois d’août, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour une séparation complète des deux groupes. L’équipe présidentielle milite ouvertement pour un GDF Suez focalisé sur l’énergie.

Dans cet esprit, une sortie du capital de Suez Environnement ne serait qu’une question de temps... quoi qu’en pense Gérard Mestrallet, tout PDG de GDF Suez soit-il.

Ce dernier sait cependant que le temps peut être un allié. Il ne manquera pas d’évoquer le spectre d’un démantèlement de la société politiquement très sensible qu’est Suez Environnement et pour laquelle François Pinault, Henri Proglio (Veolia) et d’autres encore ont manifesté leur intérêt. L’argument peut faire mouche, sauf à ce que des scénarios alternatifs surgissent.

À ce jeu, Albert Frère pourrait ne pas rester inerte. Autant personne ne conçoit qu’il demeure durablement un petit actionnaire minoritaire d’un Suez Environnement piloté par un actionnaire largement public et fort de 35 % du capital, autant d’aucun l’imagine volontiers jouer les premiers rôles au tour de table d’une société indépendante et sur laquelle son influence pourrait s’exercer comme elle l’a longtemps fait chez Suez.

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