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Témoignage recueilli par Alain Raynal paru ans L’Humanité du 10 avril 2006

L’interpellation très musclée de Max

lundi 10 avril 2006 par Alain Raynal
Gardes à vue, poursuites devant les tribunaux, le gouvernement fait le choix de la répression. Chaque jour nous arrivent de nouveaux témoignages.

Onze jeunes Girondins ont été interpellés à la gare Saint-Jean mercredi dernier en fin d’après-midi pour avoir bloqué quelques instants des voies ferrées. Après voir été conduits au commissariat, neuf d’entre eux devaient être relâchés vers 20 h 30. Deux autres, dont un lycéen de Montesquieu, Max Launai, qui n’aura que seize ans en mai prochain, sont restés en garde à vue toute la nuit et jusqu’au lendemain, 11 h 30.

Max raconte son interpellation musclée par les policiers en civil de la brigade anticriminalité (BAC) : « Ils nous ont dit qu’ils allaient procéder à des arrestations au hasard. J’étais au premier rang. Nous nous tenions tous ensemble par les bras. Nous chantions "Des bisous et des câlins". Ils ont voulu attraper une copine du lycée qui était à côté de moi, j’ai voulu la retenir, la défendre. Comme ils ont vu que je la retenais, ils m’ont arraché avec. Je me suis un peu débattu, mais j’assure que je ne les ai jamais insultés et encore moins bousculés. Ce sont les policiers qui étaient violents, ils m’ont tiré par les cheveux, attrapé par les oreilles. Ils m’ont ensuite retourné la veste sur la tête, je ne voyais plus rien et j’avais du mal à respirer, ils me tordaient les bras de toute leur force. Dans la bousculade, je suis tombé. Ils m’ont ensuite menotté sur les rails. Je n’y voyais toujours rien avec la veste sur la tête, les mains attachées, je ne pouvais pas l’ôter. Ils m’ont ensuite embarqué vers le fourgon. J’avais mal, je criais au secours ; "On s’en fout", me répondaient les policiers. »

Max et neuf autres lycéens et étudiants sont ensuite transférés au commissariat du quartier Mériadeck. Interrogé pendant plus d’une heure, le jeune mineur est photographié sous toutes les coutures, empreintes digitales relevées. Un avocat et un médecin lui rendent visite. Il entre en cellule à 19 h 30 pour n’en sortir que le lendemain, quelques minutes avant midi.

Maxime Launai est convoqué le 16 mai devant le tribunal pour enfants pour avoir « entravé la mise en marche d’un train TGV en occupant assis les voies de chemins de fer » et « opposé une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ». C’est faux, ne cesse de répéter le jeune lycéen de seconde, qui assure n’avoir jamais opposé le moindre acte de violence aux policiers.

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