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L’Humanité le 30.07.07

L’invité de la semaine : Philippe Tréhout , élu CGT au comité de groupe Vivendi et au CCE de SFR avec l’intersyndicale de SFR SC Toulousaine

jeudi 2 août 2007 par Philippe Tréhout

Salariés Férocement Résistants

 : L’Humanité du 1er aout 2007

Soixante-dix jours de conflit éprouvent encore les 1 900 salariés des sites de Toulouse, Poitiers et Lyon depuis l’annonce de leur externalisation faite par e-mail le 23 mai : « Vous faites du gras chez nous, allez donc maigrir chez nos sous-traitants. » Ils conservent - en théorie - leurs emplois. De quoi donc se plaignent-ils ? De perdre 40 % de leurs revenus annuels ? De se retrouver « sous la coupe » d’un employeur reconnu pour ses méthodes méprisables et surtout, surtout, après dix ans de bons et loyaux services, d’être jetés comme des Kleenex par un e-mail méprisant de leur directeur général.

C’est l’absence totale de considération d’une direction condescendante qui a fait réagir 1 900 salariés d’un seul bloc, générant soixante-dix jours de conflit ininterrompu. Ils ont refusé par leurs actions multiples et leur mobilisation massive de se voir traiter en marchandise humaine, en matricule, en simple variable d’ajustement. Qu’est-il advenu de la « valeur travail » préconisée par notre président ? Doit-elle aller à l’encontre de la valeur humaine ? Non, en tous les cas c’est la décision de ces salariés, qui ont sacrifié leur salaire sur l’autel des jours de grève, affronté les vigiles faiseurs de troubles, résisté aux pressions des huissiers mandatés par la direction dont l’objet n’était autre que de semer le trouble dans les esprits des salariés exerçant leur droit de grève… Nul combat n’est inutile au vu du projet de loi « muselant » le droit de grève que présente le gouvernement à l’Assemblée nationale.

Après plus de deux mois de lutte, le transfert aura lieu, et à la date prévue. Mais ce qu’ont perdu ces 1 900 salariés en sécurité de l’emploi et en revenus, ils l’ont gagné… en dignité ! Ils intégreront Infomobile (filiale de Téléperformance) et Division Arvato Services avec la rage mais la tête haute.

Ce qu’ils ont perdu ?

La confiance. Aucune de ces personnes ne peut à ce jour prétendre avoir confiance en la justice - qui a statué en leur défaveur tout en reconnaissant le bien-fondé de leurs plaintes, pas plus qu’en la politique qui n’a su que promettre des aides et des appuis sans jamais les donner. Comment croire en l’espoir que Nicolas Sarkozy leur a laissé entendre lors des diverses sollicitations qu’il a reçues de leur part, aujourd’hui encore sans effet ?

Le 1er août, SFR, filiale de Vivendi, applique un PSE qui n’est plus déguisé au vu des plans de départs volontaires proposés aux salariés et laisse aux repreneurs le « sale boulot » : après l’externalisation de 3 centres d’appels, leur extermination ; en effet, nous savons aujourd’hui que les repreneurs n’ont pas la capacité d’assumer les charges globales d’une telle masse salariale ! Nous vivons une ère merveilleuse et l’avenir s’annonce prometteur pour le patronat dans l’atteinte de ses objectifs offshore !


L’Humanité le 31.07.07

Dans le cas de l’externalisation des trois sites de relation clients SFR, l’Élysée a reçu, le 5 juillet 2007, une délégation des représentants des salariésau cours de laquelle le conseiller social du président a assuré de l’intérêt porté à cette affaire au plus haut niveau. Monsieur Sarkozy a promis une aide rapide… aussi rapide que le bénéfice mondial consolidé accordé à Vivendi, octroyant ainsi des avantages fiscaux pour 4 milliards d’euros ?

Mais comment le président pourrait-il intervenir quand ses propres relations sont du côté obscur de cette histoire ? Alors qu’il reçoit l’intersyndicale par l’intermédiaire de ses conseillers dits « sociaux » et s’engage à rétablir le dialogue, il attribue dans le même temps la Légion d’honneur à Franck Esser, PDG de SFR, qui s’apprête donc à se séparer du quart de ses employés, sans doute la moindre de ses actions méritantes justifiant la décoration.

L’avenir promis à ceux qui sont encore salariés SFR n’est rien moins qu’une perte de revenus, une dégradation des conditions de travail, une précarisation de leurs emplois.

Travailler plus pour gagner plus : la valeur travail, à laquelle le président est si attaché.

Les salariés de SFR font pourtant partie de cette France qui se lève tôt en assurant les horaires quotidiens de 7 heures à 21 heures 7 jours sur 7, y compris les jours fériés. Et ils y ont cru, les salariés SFR service clients, encore une fois, lors de la visite du président et de la chancelière chez Airbus, le 16 juillet 2007, un autre conseiller de la présidence a de nouveau rassuré les futurs externalisés quand à l’intérêt du président pour « l’affaire ».

Depuis, rien. Pas le moindre signal ne peut faire croire à une quelconque intervention présidentielle malgré l’absence de dialogue social, les pressions sur les salariés, les entraves à l’action syndicale, à moins que la présence d’huissiers et de vigiles sur les plateaux de production ne soit une preuve de la volonté d’apaisement de la direction de SFR.

Nous aurions dû nous en douter, le pouvoir de Vivendi dans les médias, SFR est un des plus gros annonceurs, n’a pas donné envie aux chaînes de télé de relayer les événements se déroulant chez SFR SC. malgré tous nos efforts, le levier politique est resté vain, ne nous reste plus que notre mobilisation qui elle reste juste et entière.


L’Humanité du 30.07.07 : Salariés Franchement Renvoyés

Les rapports capital-travail sont devenus une grande fumisterie et un chantage organisé par le Medef et les politiques au nom de la sacro-sainte sauvegarde de la compétitivité des entreprises. Le travail humain est sacrifié sur l’autel de la rentabilité et de la course aux profits. Une minorité s’approprie la richesse créée par la majorité.Ce racket institutionnalisé détruit la vie de milliers de salariés alors que les grandes entreprises françaises n’ont jamais fait autant de bénéfices. SFR (18 millions de clients, 8.6 milliards d’euros de CA et 1,7 de bénéfice net), filiale « vache à lait » de Vivendi (1,6 milliard d’euros de dividende), est l’une d’entre elles et a décidé d’externaliser 1 900 salariés pour augmenter une profitabilité indécente (20 % de marge nette) SFR a trouvé le bon filon pour dégraisser sa masse salariale ( 300 millions d’euros) : l’article L.-122-12 du code du travail, en sous traitant un plan social permettant de se débarrasser de ses salariés les plus anciens.

Face à la juste mobilisation des salariés, depuis l’annonce du transfert par un simple mail le 23 mai, de véritables méthodes de voyous ont présidé à cette externalisation : contrôles d’huissiers, menaces, vigiles chargés en coulisses de provoquer des dérapages, chantages financiers pour obliger les sites à renoncer aux actions juridiques en cours, pressions sur l’encadrement…

Aujourd’hui, de 30 à 40 % des salariés sont en arrêt maladie, des cellules de soutien psychologique ont été exigées par les CHSCT de chaque site, des salariés parlent de grève de la faim, des tentatives de suicide ont eu lieu. Un simple malaise social selon la direction…

De mystérieux « chargés de communication » sont apparus sur les sites, présentés comme des salariés du groupe mais en fait rattachés à Cardinal Sud, dont le dirigeant est le PDG du futur repreneur (Téléperformance) et un ami proche du président de la République !

Le 30 juillet, le tribunal de Toulouse doit rendre son avis sur le référé du CE local, le 25 septembre c’est au tribunal de Paris de se prononcer sur la légitimité de ce transfert. L’histoire du pot de terre contre le pot de fer se répète, inlassablement… À moins que le pot-de-vin ne rafle

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