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Communiqué de la FNME CGT du 9 novembre 2006

LE SERVICE PUBLIC INTÉGRÉ EVITE LA COUPURE GENERALE !

jeudi 9 novembre 2006 par FNME-CGT

Le samedi 4 novembre dernier, le Réseau de Transport Electrique Européen a connu sa deuxième panne majeure depuis la mise en œuvre de la déréglementation. Si la première qui concernait l’Italie en 2003 s’est circonscrite à ce pays, c’est bien la situation de la péninsule qui, en limitant de fait son impact aux frontières terrestres, en a borné les effets.

Celle qui a eu lieu en Allemagne a eu un impact plus conséquent, dû à la situation géographique centrale de ce pays dans l’Europe.

Nous avions connu déjà une alerte au mois d’août dernier venant des pays de l’Est de l’Europe, mais qui avait pu être contenue.

A la suite d’interventions programmées sur des ouvrages électriques allemands et d’une montée en puissance de la production au nord de l’Allemagne (probablement éolienne), des transits de puissance très importants n’ont pu être maîtrisés et en générant des déclenchements en cascade, ils ont entraîné la séparation de l’Europe en trois zones. Celle couvrant la partie française a subi une chute de fréquence instantanée à 49 Hz. La zone Sud-Est est également passée en sous-fréquence, mais se stabilise à 49,75. La zone Nord-Est est montée en fréquence à 51Hz pour ensuite se stabiliser autour de 50,5Hz.

Les diverses enquêtes en cours devront nous éclairer sur les causes (prises de risques, aléas imprévisibles, erreurs humaines, etc.). A l’évidence, les chantres du libéralisme et de la dérégulation opteront pour la fuite en avant, et plus de financiarisation du système électrique européen. Il nous semble pourtant qu’il faudra être attentif à l’influence des critères marché qui génèrent un appel important de la zone Est de l’Europe (car moins chère). La réalité des flux énergétiques n’est plus la même dans un contexte de gestion par le marché.

Il faut cependant noter :

Les délestages par les protections fréquence-métriques installées sur le réseau de distribution français (environ 40% des 13300 MW délestés au total) ont très clairement permis de sauver le réseau national et de façon simultanée avec l’ensemble des distributeurs des autres pays, sauver l’Europe.

La production hydraulique a permis de remettre à niveau rapidement le réseau national et européen.

Les gros moyens de production, notamment nucléaires, sont « calibrés » pour supporter des variations de fréquence assez importantes et ont maintenu le réseau au moment de l’écroulement de fréquence. De même, la réaction du personnel dans une logique de service public intégré a sans conteste permis une coordination des actions prises depuis la production jusqu’à la distribution

A contrario : Les éoliennes et autres cogénérations ne sont que rarement « calibrées » pour supporter ces variations de fréquence. Leur déclenchement quasi immédiat a aggravé de façon importante la situation au moment où il s’agissait de rajouter de la production.

Cela montre qu’il est nécessaire d’avoir à coté de ces productions renouvelables ou de pointe, utiles par ailleurs, une structure de parcs de production permettant de sécuriser le réseau et de compenser leur versatilité. De ce point de vue, l’implantation des moyens de production et les maillages des réseaux avec une forte notion de proximité par rapport aux lieux de consommation sont des éléments essentiels. De même, il est nécessaire que les recherches soient accélérées pour fiabiliser leur tenue aux aléas pouvant survenir sur un réseau électrique.

La facilité accordée au développement de la production éolienne et de cogénération mises face aux difficultés de développement du réseau THT, donc de capacité d’évacuation de cette puissance produite, nous amène à constater un déséquilibre conséquent. Cette situation doit trouver une issue permettant une mise en œuvre cohérente et harmonieuse, notamment en termes de délai de procédure administrative pour construction.

De façon synthétique, les structures héritées de l’histoire du service public intégré EDF ont sauvé le réseau. La rapidité d’intervention, la collaboration et le professionnalisme des équipes d’EDF et de RTE ont permis de limiter la durée de l’incident. En sera-t-il de même après quelques années de relations polluées par des considérations financières ?

Il est à craindre que les conclusions des enquêtes soient déjà écrites pour aller vers des solutions ayant pour seul objectif de pousser plus loin la déréglementation du système électrique européen.

Une ou des commissions d’enquête indépendantes sont impératives au risque de ne pas s’engager vers de véritables solutions

Pour notre part, nous mettons en débat notre proposition d’Agence Européenne de l’Energie. Notre objectif est que l’ensemble des usagers européens disposent tous de l’énergie de la meilleure qualité possible au coût le plus bas possible.

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