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Rémi Barroux | Le Monde du 12 mai 2007

La CFDT est passée derrière la CGT aux élections aux comités d’entreprise en 2005

samedi 12 mai 2007 par Rémi Barroux

Au moment même où la CFDT se dit "confiante dans sa capacité d’action", son journal Syndicalisme Hebdo daté 4 mai sort une étude révélant une baisse importante de son audience lors des élections aux comités d’entreprise en 2005. Avec un score de 20,6 %, le recul de la confédération est de 2 points par rapport à 2003, et elle se retrouve en troisième position derrière les "non-syndiqués", 23,5 % (+ 0,3), et la CGT, 22,5 % (+ 0,4).

Pour la première fois depuis 1989, révèle la Dares (ministère de l’emploi), la CGT redevient le premier syndicat aux élections de comités d’entreprise une année impaire. Les années paires, en effet, les résultats prennent en compte les élections à la SNCF, qui représentent 7 % du total des suffrages exprimés et influencent notamment les résultats de la CGT, traditionnellement en tête, et des syndicats non confédérés qui y sont fortement implantés.

La CGT, en 2005, est donc devenue le premier syndicat dans le privé. Pour Daniel Sanchez, secrétaire confédéral, il faut y voir "les effets du plan de syndicalisation et le travail de consultation systématique des salariés". FO baisse légèrement de 0,2 point (12,5 %), la CFTC et la CFE-CGC restent stables (6,8 % et 6,6 %). Les "autres syndicats", dont l’UNSA et Solidaires (SUD), progressent fortement, (+ 1,3 point), pour atteindre 7,4 %. Les élus non syndiqués occupent, comme en 2003, la première place, avec 23,5 %.

Ce résultat pourrait renforcer la volonté, déjà exprimée par Nicolas Sarkozy, de supprimer le monopole syndical aux élections de représentation du personnel.

Pour M. Sanchez (CGT), il faut y voir "l’intérêt des salariés pour cette participation à la vie de l’entreprise et la crainte qu’ils ont de le faire sous étiquette syndicale". Pour preuve, affirme-t-il, "en 2007, sur les 20 000 nouveaux adhérents, 15 % sont des élus du personnel qui s’étaient présentés "sans étiquette"".

LES SUITES DE LA RÉFORME FILLON

La CFDT voit dans ce mauvais résultat les effets de la crise qui l’a secouée au lendemain de son soutien à la réforme des retraites de François Fillon, en 2003. "Ce résultat ne nous étonne pas, commente Marcel Grignard, secrétaire national, on est encore dans les contrecoups de 2003-2004." Mais, précise-t-il, la situation s’est redressée depuis avec des "résultats électoraux en 2006 et 2007 en hausse et, surtout, la stabilisation du nombre d’adhérents".

Ce résultat devrait aussi inquiéter le futur gouvernement. Echaudée, la centrale de François Chérèque risque de ne pas s’engager dans un soutien aux réformes sans de solides contreparties. Si M. Grignard précise au Monde que "cette enquête sur les élections 2005 aux comités d’entreprise n’allait pas modifier la stratégie de la CFDT", la confédération aura à coeur de valider auprès de ses syndicats et fédérations tout soutien à un accord avec le gouvernement ou le patronat, afin d’éviter les "erreurs" de 2003.

Devant son conseil national, fin avril, M. Grignard avait indiqué que "la seule stratégie possible, pour la CFDT, est d’être l’acteur incontournable d’un futur gouvernement sur tous les sujets de notre champ".

M. Chérèque a aussi prévenu le gouvernement : "La CFDT n’est pas une organisation qu’on manipule."

La direction a d’ailleurs dû préciser, dans une circulaire interne du 9 mai, que la rumeur sur l’éventuelle participation de Nicole Notat (ancienne secrétaire générale) au gouvernement n’avait "évidemment aucun fondement, cela n’a jamais fait aucun doute ni pour la commission exécutive ni pour l’intéressée".

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