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Article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 05.09.06

La CFDT et la CGT hostiles au syndicalisme obligatoire

mardi 5 septembre 2006 par Rémi Barroux
Ségolène Royal s’invite dans la discussion entre les partenaires sociaux et le gouvernement sur le dialogue social. En affirmant, dimanche 3 septembre, devant des militants socialistes réunis à Florac (Lozère), qu’elle réfléchissait à "l’obligation d’adhérer à un syndicat" pour les salariés, la candidate à la candidature pour l’élection présidentielle jette un nouveau pavé dans la mare. Après ses déclarations critiques sur les 35 heures mises en place par le gouvernement Jospin, Mme Royal reprend un thème qu’elle avait déjà évoqué et s’interroge :

"Comment faire adhérer les Français à un syndicat ?"

"Nous devons réussir à faire émerger en France un syndicalisme de masse", a-t-elle dit dimanche, prenant en exemple le modèle suédois et son taux de syndicalisation dix fois plus important qu’en France. Déjà, lors de la Fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), le 20 août, elle avait déclaré : "J’ai vu en Suède un autre état d’esprit et des pratiques bien différentes, grâce à un syndicalisme de masse."

Son parti, lui, ne va pas aussi loin. Dans son projet, le PS affirme bien que "le rôle des syndicats doit être affirmé", ou encore propose "un mode de financement public transparent" des syndicats et "des mesures favorisant la cotisation syndicale", mais d’obligation à se syndiquer, point. Les organisations syndicales elles-mêmes y sont hostiles. "Cela me laisse pantois", a déclaré au Monde Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT. Pour lui, "la question est quelle place laisse-t-on aux syndicats dans la construction de la démocratie et du droit ?" C’est tout l’enjeu, explique M. Bonnand, des discussions entre les partenaires sociaux et le gouvernement qui se sont ouvertes le 30 août par les rencontres entre les ministres de l’emploi, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, et les secrétaires généraux de la CFDT et de la CGT, François Chérèque et Bernard Thibault, et qui se concluront le 13 septembre.

M. Thibault critique lui aussi la proposition de Mme Royal. "On n’est pas sur cette longueur d’onde, dit le numéro un de la CGT. La liberté de se syndiquer est un droit individuel qui doit être basé sur le volontariat." Il est difficile de comparer la situation du syndicalisme français - moins de 10 % de salariés syndiqués - avec celui des pays nordiques où, fait-il valoir, "pour bénéficier d’une partie de la protection sociale, il faut être syndiqué". "Ça ne correspond pas à la culture française et ce n’est pas souhaitable", conclut M. Thibault, qui préfère que "l’on favorise le syndicalisme, notamment dans le privé où les salariés invoquent la peur des représailles comme première raison pour ne pas prendre de carte".

Mme Royal pourrait rencontrer les syndicats dans les prochains jours, affirme-t-on dans son entourage. Du côté de la CFDT, qui a écrit la semaine dernière aux partis politiques, on fait valoir que ce n’est pas le moment : "Notre objectif dans l’immédiat n’est pas de rencontrer tous les candidats potentiels", a estimé M. Bonnand.

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