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Un article de Paule Masson paru dans L’Humanité du 11 janvier 2006

La CGC signe, mais l’accord est quand même à terre

mercredi 11 janvier 2006 par Paule Masson
UNEDIC . La CFE-CGC a troqué son paraphe à la convention sur l’assurance chômage contre la promesse de reprendre les négociations pour remettre à plat le système.

Il s’est finalement trouvé une quasi-unanimité parmi les organisations de la CFE-CGC pour décider de signer l’accord UNEDIC conclu le 22 décembre 2005. Hier le comité directeur de la Confédération des cadres a voté, par 45 voix pour et 1 contre, pour rejoindre la CFDT et la CFTC dans l’assentiment du projet de convention assurance chômage. « On s’est prononcé pour la signature, mais elle est arrachée dans un contexte difficile », a reconnu Bernard Van Craeynest, à sa sortie de la réunion. « En signant, nous prenons notre responsabilité de partenaire social pour sauvegarder le paritarisme. »

Convention décrédibilisée

C’est donc l’argument du paritarisme qui l’a emporté et sauve quelque peu les meubles d’un accord ayant perdu, avec cette valse-hésitation, encore un peu plus de crédibilité. FO, qui voulait revenir dans le jeu, n’a pas pu signer au regard du contenu. La CGT refuse d’accompagner un accord qui ne répond pas aux besoins des chômeurs.

Le président de la CFE-CGC concède d’ailleurs que le contenu du texte, dont l’objectif principal est de réaliser 2,4 milliards d’économies en trois ans, pose problème : « Il y a eu de grands débats ce matin. Nous avons entendu tous les points de vue et il est clair que cet accord a des aspects négatifs qu’on ne peut passer sous silence », a-t-il déclaré. En finalisant une convention qui, en changeant les filières d’indemnisation, durcit les conditions d’entrée dans le système, les syndicats ont dû acter, dans le dernier article, de la nécessité de remettre à plat tout le système. Le chantier pourrait être lancé fin février, décision qui a certainement pesé dans la décision de la CFE-CGC.

Au nom du paritarisme

Le feuilleton aura eu au moins le mérite de relancer le débat sur les rapports qu’entretiennent les syndicats avec les organismes paritaires. « Sauver le paritarisme », l’objectif est louable, mais les limites atteintes par plusieurs conventions qui, toutes, ont rogné sur les droits des chômeurs, en interrogent les finalités. Les syndicats gestionnaires de l’UNEDIC (la présidence en revient à Annie Thomas, pour la CFDT) sont de plus en plus confrontés à la confusion des genres entre leurs responsabilités de gestion et leurs options revendicatives - en l’occurrence, là, censées défendre les intérêts des chômeurs. Au nom de la priorité au « rétablissement financier » du régime et face à un patronat qui refuse de dépenser plus pour la solidarité, ils ont accepté un compromis qui fait perdre à plus de 150 000 chômeurs entre 6 et 11 mois d’indemnisation, contre 20 000 d’entre eux qui vont toucher leurs indemnités six mois de plus. Les syndicats sont tout de même gênés aux entournures. Sauf la CFDT qui, elle, cherche à légitimer le syndicalisme à travers les procédures de négociation et de gestion des organismes paritaires. Négocier un compromis, dans un contexte économique donné, l’amène à considérer comme « acquis » ce que la négociation a empêché de pire, par exemple un retour à la dégressivité des indemnités. L’immédiat l’emporte sur des objectifs à plus long terme, et les chômeurs payent les pots cassés.

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