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Lucy Bateman | L’Humanité du 20 juillet 2007

La CGT dénonce une « atteinte au droit de grève »

vendredi 20 juillet 2007 par Lucy Bateman
Sept syndicats de cheminots appellent à « participer massivement » aux actions contre la loi sur le service minimum lancées à l’initiative de la CGT le 31 juillet.

Alors que sept fédérations de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD rail, UNSA et FGAAC) ont appelé les salariés à « participer massivement » aux initiatives contre la loi sur le service minimum le 31 juillet prochain, la CGT a dénoncé hier, lors d’une conférence de presse, « l’atteinte au droit de grève » que constitue pour elle ce projet. « Il s’agit de faire des transports terrestres d’usagers le laboratoire de projets plus vastes », s’est inquiétée Frédérique Dupont, secrétaire de la CGT, qui ajoute : « Certains dans la majorité n’hésitent pas à dire qu’il faut une modification de la Constitution pour aller plus loin. »

Pour la CGT, « c’est l’ensemble des moyens d’expression collective des salariés qui est menacé » par un texte qui vise à « remettre en cause les garanties collectives de tous ». Et d’ajouter que « les difficultés des usagers dans leurs déplacements quotidiens sont loin d’être au coeur » des débats au Sénat. La syndicaliste estime que le projet du gouvernement vise à opposer salariés, syndicats et usagers. Elle dénonce la possibilité d’organiser au huitième jour de grève un référendum sur sa poursuite, mais aussi la déclaration préalable de participation à la grève imposée aux salariés. « Pour l’encadrement, c’est une double peine. En effet, en tant que dirigeants, ils devront appliquer la loi et en assumer la responsabilité pénale. » L’encadrement va être « placé en collaborateur de la restriction des droits et libertés des salariés », s’alarme la syndicaliste. Pour elle, la loi est « inutile » et « dangereuse » pour le climat social qu’elle risque de dégrader. Enfin, Frédérique Dupont dénonce « l’hypocrisie politique » dont sont l’objet les usagers. La loi ne résout pas les dysfonctionnements auxquels les usagers sont confrontés, ni les problèmes provoqués par les « 800 postes supprimés à la RATP et les 16 000 à la SNCF, l’augmentation de la précarité et la dégradation du matériel et des infrastructures », proteste-t-elle. Autant de difficultés qui sont « sources à la fois d’un mécontentement légitime et générant les conflits tant diabolisés ».


Pour un « service minimum toute l’année »

La Fédération des usagers de transports et SUD Rail vont distribuer un tract pour réclamer l’amélioration du service public ferroviaire.

Faire converger les revendications des cheminots et les besoins des usagers : beaucoup de syndicats en ont rêvé, peu ont réussi à rendre leurs initiatives visibles au-delà du cercle des militants de gauche. C’est donc un joli coup que préparent la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT-SP) et le syndicat SUD Rail. La - semaine prochaine, les deux organisations ont prévu de distribuer dans les gares un tract intitulé : « Cheminots et usagers : nous voulons un service minimum toute l’année ! » Ils vont faire signer une pétition réclamant « plus de trains, et d’abord des trains qui ne tombent pas en panne, des trains qui arrivent à l’heure, des trains qui ne soient pas annulés ».

« Les usagers sont favorables à un service minimum », précise Jean-Claude Delarue, président de la FUT-SP, une organisation surtout présente en Île-de-France et dans les régions Picardie, Centre, et Haute-Normandie. « Mais la défense du service minimum n’est plus leur préoccupation majeure, qui est la dégradation de la qualité du service public ferroviaire : le délaissement du réseau francilien, la priorité donnée au TGV au détriment des lignes de proximité, les problèmes techniques quotidiens, tout cela produit une SNCF à deux vitesses. Les problèmes des usagers ne s’arrêtent pas quand la grève s’arrête. » Le combat des associations d’usagers ? « Nous voulons reconquérir le service public des transports. »

Des investissements, un meilleur entretien, plus d’agents dans les gares et dans les trains, donc plus d’embauches, les préoccupations des usagers rejoignent celles des cheminots. « La défense du service public, ce n’est pas la défense de nos seuls avantages », insiste Jean-Marc Fontaine, mem- bre du bureau de la fédération SUD Rail. « Nous avions écouté avec intérêt les interventions à la radio de Jean-Claude Delarue lorsque le projet du gouvernement sur le service minimum a été connu. Nous avons plus de points d’accord que de désaccord. Nous estimons que le débat sur le service minimum doit être élargi, et ne doit pas nous enfermer dans la seule question de la grève. »

SUD Rail a apporté à la FUT son « expertise métier sur le fonctionnement interne très complexe de la SNCF », permettant ainsi d’éclairer les usagers sur les origines de certains dysfonctionnements, précise Jean-Marc Fontaine. Exemples cités dans le tract : les très forts ralentissements subis par les trains sur certaines lignes mal entretenues du Massif central ; les trains envoyés en « grande révision » après un million de kilomètres parcourus, contre 500 000 auparavant ; ou encore les objectifs de vente fixés aux employés des - guichets, au détriment d’une - politique tarifaire au service des usagers.

La FUT-SP a noué ces derniers mois des contacts avec plusieurs fédérations de cheminots (SUD, FO, CGT). Des militants syndicaux l’ont aidée à distribuer des tracts dans les gares, ou ont participé à des manifestations d’usagers mécontents. Des rapprochements qui sont de nature à favoriser les liens entre les syndicats et les usagers - exactement le contraire de ce à quoi travaille le gouvernement.

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