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Francine blanche , Jacqueline Sellem | L’humanité du 16,04,2008

« La CGT fera tout pour amplifier la solidarité »

jeudi 17 avril 2008 par Jacqueline Sellem, Francine blanche
Entretien avec Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT.

La CGT est engagée dans une action d’ampleur au niveau de l’Île-de-France pour la régularisation des salariés sans papiers. Est-ce le signe que vous avez décidé de monter la barre dans cette bataille ?

Francine Blanche. Il y a déjà eu plusieurs luttes et occupations d’entreprises pour la régularisation de salariés sans papiers : Metalcouleur, Buffalo Grill, ParisStore, le restaurant de la Grande-Armée il y a deux mois. Or on s’aperçoit que cela ne suffit pas pour être entendu. Des dizaines de milliers de travailleurs sans papiers triment tous les jours dans toutes les branches de l’économie. Ils ont une vie infernale au travail puisqu’ils n’ont pas de droits et, quand ils sortent de l’entreprise, ils sont pourchassés par la police. Cela ne peut plus durer. Ils travaillent en France, il est temps que leurs droits soient reconnus.

Cela veut dire que toute la CGT est aujourd’hui mobilisée sur cette question ?

Francine Blanche. Toutes nos organisations au niveau national sont prévenues. Mais déjà au niveau de la région parisienne, dans les unions départementales, tout le monde est mobilisé. Depuis six mois des permanences y sont installées. Plusieurs centaines de salariés sans papiers s’y sont rendus.

Quels sont vos objectifs ?

Francine Blanche. Nous souhaitons avoir enfin un rendez-vous avec le ministère du Travail sur le sujet. Il faut se mettre autour de la table pour régulariser tous les salariés sans papiers.

Est-ce que la solidarité se concrétise au niveau des entreprises ?

Francine Blanche. Partout, il y a des problèmes de pouvoir d’achat, de droits à faire respecter. Et tout le monde commence à comprendre qu’avec des salariés sans droits dans les entreprises, les patrons peuvent faire pression sur les salaires de tous. C’est particulièrement vrai dans des branches comme le commerce, la restauration, les services, le bâtiment… Il faut absolument élever les droits de tous. Il y a en France des dizaines de milliers de salariés qui sont en réalité les délocalisés des entreprises non délocalisables. Des salariés roumains de Dacia aux salariés grecs de Saint-Nazaire, c’est le même problème. Et c’est ce qui est de mieux en mieux compris.

La solidarité va donc aller en s’amplifiant…

Francine Blanche. La CGT fera tout pour cela. C’est de la solidarité bien comprise. Il faut reconnaître les droits, augmenter les salaires de tous.

La lutte des salariés sans papiers sera-t-elle présente dans la manifestation pour le pouvoir d’achat organisée aujourd’hui en Île-de-France ?

Francine Blanche. Je serai à cette manifestation pour dire qu’un travail décent en France et dans le monde est un travail qui permet de vivre normalement. Les salariés en général ont du mal à vivre, et ces salariés en particulier. Toutes ces actions sont complémentaires. Comment reconnaît-on la valeur du travail en France et dans le monde ? Comment toutes les richesses produites sont-elles redistribuées ? Ce sont les questions centrales des luttes d’aujourd’hui, celles des caissières de Carrefour ou des salariés sans papiers. Ce n’est pas la répression et les intimidations du gouvernement et du MEDEF qui y changeront quelque chose. Il est temps de répondre positivement à toutes ces demandes.

Entretien réalisé par Jacqueline Sellem

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