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Un article de François-Xavier Bourmaud paru dans Le figaro du 8 juin 2005

La CGT prête à réagir au discours de Matignon

mercredi 8 juin 2005 par François-Xavier Bourmaud
SOCIAL Manifestations demain pour l’emploi industriel

La réponse de la rue sera immédiate. Alors que Dominique de Villepin prononce aujourd’hui son discours de politique générale, la CGT s’apprête à faire défiler une partie de ses troupes demain à Paris et à organiser des débrayages, des rassemblements devant les préfectures, les chambres patronales ou les sièges sociaux d’entreprise. Programmées de longue date, ces actions visaient initialement à défendre l’emploi industriel. Mais, comme le reconnaît Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral, « ce sera sans doute un moyen de répondre aux choix annoncés par le gouvernement ». D’autant que le lendemain, vendredi 10 juin, Gérard Larcher reçoit les partenaires sociaux pour la réunion sur les salaires. Programmée au lendemain des manifestations du 10 mars, qui avaient fait descendre, selon les syndicats, un million de personnes dans la rue, cette rencontre doit identifier les branches professionnelles où les salaires minima sont inférieurs au smic.

En choisissant la date du 9 juin pour défiler, la CGT n’avait pas rêvé d’une telle conjonction favorable du calendrier. « Cette manifestation prend aujourd’hui une importance que nous n’avions pas anticipée », admet Jean-Christophe Le Duigou. Comme le confirme le responsable de la Fédération agroalimentaire, « pour les salariés, le vote du 29 mai représente un véritable appel d’air pour que s’ouvrent enfin des perspectives dans ce pays ». La centrale de Montreuil compte en tout cas sur l’événement pour maintenir le premier ministre sous pression. Après la montée en puissance des manifestations du début de l’année, la cacophonie autour du lundi de Pentecôte, la claque du référendum européen et alors que le gouvernement semblé décidé à toucher au Code du travail, le cortège de demain agira surtout comme une piqûre de rappel. La CGT attend de 20 000 à 25 000 personnes à Paris et ne bénéficiera pas du renfort d’autres organisations syndicales.

En outre, si les critiques à l’égard du nouveau gouvernement seront bien évidemment présentes dans les défilés, les onze fédérations qui appellent à défiler - agroalimentaire, cheminots, chimie, construction, mines/énergie, métallurgie, PTT, sociétés d’études, textile, travailleurs d’Etat, verre/céramique - veulent également faire entendre leurs revendications sur l’emploi industriel. « Aujourd’hui, un salarié sur deux dans l’industrie perçoit de graves menaces sur son emploi, via notamment des chantages à la délocalisation exercés par les directions d’entreprises, dénonce Jean-Christophe Le Duigou. Mais, pour la CGT, l’ennemi ce n’est ni le plombier polonais ni l’ouvrière chinoise pas plus que ne l’était hier l’ouvrier du bâtiment portugais. Ce que dénonce la CGT, c’est le choix de certaines firmes de mettre en concurrence les salariés et de poser justement les problèmes en ces termes. »

La centrale de Montreuil plaide notamment en faveur d’une relance de l’investissement des entreprises françaises dans la recherche, pour la reconnaissance des droits de salariés et pour une « autre répartition des ressources dont disposent les entreprises et les systèmes financiers ». Toutes ces revendications, la CGT a pu les exposer lundi lors de son entretien avec le premier ministre. Ce dernier sait désormais que, pour éviter la colère de la centrale, il lui faut mettre en place une politique industrielle et ne pas toucher au Code du travail.

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