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Paule Masson | L’Humanité du 17.04.2008

La CGT soutient la réforme de la représentativité

vendredi 18 avril 2008 par Paule Masson
Démocratie sociale . La commission exécutive considère à l’unanimité que les nouvelles dispositions vont rapprocher les syndicats des salariés.

Une « vraie rupture ». C’est ainsi que la commission exécutive (CE) de la CGT a qualifié hier les nouvelles règles de démocratie sociale contenues dans la « position commune » sur la représentativité syndicale. À l’unanimité, les membres de la direction confédérale ont adopté une délibération qui suggère « d’approuver » le texte, soumise à l’avis des fédérations et unions départementales. Après le rejet de FO lundi dernier, la CGT est donc la première organisation syndicale à « signer ». La CFE-CGC et la CFTC donneront leur réponse aujourd’hui. Celle de la CFDT, qui devrait, sauf surprise, être positive, est attendue la semaine prochaine.

Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le principal point d’appui de la position consiste « à resserrer les relations entre les représentants syndicaux et les salariés ». Dans sa déclaration, la CE se félicite que « l’audience aux élections professionnelles devienne le critère dominant pour la représentativité ». L’instauration de seuils (10 % dans les entreprises et 8 % dans les branches et nationalement) permettant de décrocher le droit de négocier installerait à tous les niveaux une prise en compte du poids de chacun dans les négociations. C’est, pour la première des confédérations françaises, un moyen de rompre avec les pratiques qui, depuis cinquante ans, laissent le patronat libre « de signer des accords qui contournent l’influence des principaux syndicats, la CGT notamment ». Et de multiplier les accords minoritaires. Bernard Thibault estime, de ce point de vue, qu’un « système s’enclenche pour parvenir au principe majoritaire » et qu’il s’agit « d’une révolution ». Déjà, dans une première étape, l’obligation de rassembler 30 % des suffrages pour rendre un accord valide va avoir, selon lui, un « impact rapide sur le paysage syndical ».

« Les choses sérieuses vont commencer maintenant », a lancé le secrétaire général, qui ne croyait pas si bien dire en plein suspens sur les intentions de la CFE-CGC et de l’UNSA de travailler à des rapprochements. Cette annonce, dont la rapidité à surpris tout le monde, témoigne d’un probable coup d’arrêt à l’émiettement sans fin du paysage syndical français. Comme la CFDT, la CGT considère que les évolutions des quinze dernières années (création de l’UNSA, la FSU, Solidaires) ont rencontré leurs limites et que la multiplication du nombre d’organisations syndicales ne renforce pas le syndicalisme. Bernard Thibault s’est dit hier convaincu que « le paysage syndical va évoluer », mais « l’important, c’est qu’il le fasse en fonction des salariés eux-mêmes », a-t-il plaidé. Pour lui, la CGT, qui n’a pas de « velléité de restructurer le paysage syndical », ne prendra donc pas d’initiative en ce sens. « Toute procédure perçue comme des décisions d’appareils déconnectées d’orientation syndicale rencontrera des limites », a averti le leader de la CGT. Hier, certaines organisations de la CFE-CGC se sont montrées dubitatives face à l’initiative de leur direction. « Nous n’accepterons en aucune façon d’être mis devant le fait accomplit », a prévenu la fédération de l’énergie tandis que les syndicats de police Alliance et Synergie ont fait savoir qu’ils « n’entendent pas remettre en cause leur affiliation » à la CFE-CGC.

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