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Un article de Jean-Michel Bezat paru dans le Monde du 15 avril 2006

La France redevient une terre de prospection pétrolière

samedi 15 avril 2006 par Jean-Michel Bezat

La barre des 70 dollars pour un baril de pétrole a été franchie jeudi 13 avril. C’est le brent de la mer du Nord qui a signé ce record : il a atteint 70,57 dollars le baril (pour livraison en juin) sur l’Intercontinental Exchange (ICE), à Londres.

Cette flambée de l’or noir a - depuis plusieurs mois déjà - réveillé la soif de pétrole en France, redevenue une terre d’exploration. Charmottes, Saint-Firmin-des-Bois, Châteaurenard, Villeperdue, Courtenay, Dommartin-Lettrée... Il y a du pétrole dans toutes ces concessions du Bassin parisien, du brut (sans bulles) dans la Marne, des promesses d’hydrocarbures en Aquitaine.

Ce n’est pas un nouvel eldorado (on y pompe depuis plusieurs décennies), mais cela ressemble à une renaissance. "La France demeure une terre de prospection", assurent les experts du ministère de l’économie. Au total, 62 champs pétrolifères produisent actuellement 1 % (8 millions de barils) de la consommation française.

"Stimulés par un prix du baril élevé, les investissements dans l’exploration devraient nettement augmenter et pourraient dépasser 50 millions d’euros" cette année, anticipe-t-on à Bercy. Un chiffre qui n’avait plus été atteint depuis dix ans, même s’il peut faire sourire quand on le compare aux 100 milliards d’euros que les plus gros pétroliers investiront cette année.

LANCEMENT DE MICROCOMPAGNIES

En Aquitaine, "on peut trouver des choses intéressantes en prolongeant des forages en profondeur à l’aplomb de structures existantes ; à faible profondeur pour du gaz ; dans de nouvelles zones à prospecter", explique le géophysicien Franck Hanot, auteur d’une étude pour le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

A l’exception de Total, les majors ont peu à peu laissé le champ libre à des sociétés de taille moyenne. Le canadien Vermilion, l’américain Toreador ou le suédois Lundin reprennent des études géologiques anciennes et sondent de nouveaux bassins sédimentaires en mettant à profit les progrès de la sismique et le développement des forages horizontaux.

Vermilion a annoncé, le 6 mars, le rachat de la filiale exploration-production d’Esso France (Exxon Mobil) pour 161 millions de dollars (133 millions d’euros). Dans la corbeille, huit champs en Ile-de-France et en Aquitaine. Et 3 500 barils de plus par jour, qui porteront sa production française à 9 700 barils équivalent pétrole.

Ce ne sont que quelques gouttes dans un océan d’or noir - la Saudi Aramco produit quotidiennement 9,5 millions de barils -, mais elles s’écoulent très bien sur un marché où l’offre peine à répondre à la demande.

Des ingénieurs-businessmen lancent des microcompagnies. Essence de Paris, créée en juillet 2005, vient de déposer une demande de permis d’exploration. Comme son patron, José Ivan Diaz Barrera, ces "aventuriers" sont des anciens d’Elf, Total, BP ou d’Esso. Ils assurent avoir anticipé, dès le milieu des années 1990, la flambée actuelle des cours.

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