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Un article de Stéphane Lauer paru dans Le Monde du 2 juin 2006

La Russie a attiré plus de 1 milliard d’euros d’investissements de la part des constructeurs

vendredi 2 juin 2006 par Stéphane Lauer
Après la Chine , la Russie est devenue le nouvel eldorado de l’industrie automobile mondiale. En moins d’un an, plus de 1 milliard d’euros d’investissements ont été programmés.

Volkswagen (VW) a décidé, lundi 29 mai, d’investir 400 millions d’euros dans une usine à Kaluga, près de Moscou. Le 13 juin, General Motors (GM) doit annoncer un investissement de 90 millions dans un site à Saint-Pétersbourg. Renault, qui dispose déjà d’une usine à Moscou, a confirmé, mercredi 31 mai, qu’il était en pourparlers avec Avtovaz, fabricant russe de la Lada, en vue d’une coopération.

Le déclic de cette ruée remonte à moins d’un an, lorsque le gouvernement russe a décidé d’abaisser les droits de douane sur l’importation des composants automobiles. Parallèlement, la crise financière de 1998, qui avait conduit à geler les projets de développement, n’est plus qu’un lointain souvenir. La croissance qui a atteint 6,4 % en 2005 et qui devrait encore dépasser les 6 % cette année, encourage des constructeurs automobiles confrontés à des marchés occidentaux atones, à miser sur la Russie.

Il est vrai que le taux d’équipement de la Russie n’est que de 157 voitures pour 1 000 habitants contre 250 pour la Pologne et de 520 en France. Mais le retard est en train d’être comblé. Les ventes d’automobiles sont tirées par la hausse du pouvoir d’achat d’une partie de la population, qui profite de la prospérité économique liée à la flambée des prix des matières premières.

Même si la redistribution de cette richesse est concentrée dans les grandes villes, le marché automobile devrait dépasser cette année pour la première fois les 2 millions d’unités, soit plus que le marché français.

Si les marques russes représentent encore la moitié, cette proportion devrait rapidement chuter aux profits des asiatiques et des européennes. Les japonais, qui détiennent déjà 37 % du marché des voitures étrangères, passent à la vitesse supérieure. En 2007, Toyota doit inaugurer dans la banlieue de Saint-Pétersbourg, une usine, tandis que Nissan a révélé en mai qu’il allait se doter d’un site d’une capacité de 50 000 unités.

Les européens tentent de ne pas se laisser distancer. Renault, qui fabrique sa Logan à Moscou depuis avril 2005, veut profiter du boom des véhicules vendus aux alentours de 10 000 euros. Ce segment devrait représenter la moitié du marché en 2010 contre 20 % actuellement. Le français vise une production de 60 000 unités en 2008.

Mais les coréens, qui détiennent déjà 28 % du marché russe, et l’italien Fiat convoitent également ce marché de la voiture à bas coût.

Le groupe de Turin a d’ailleurs annoncé en janvier un accord avec le russe Severstal pour assembler sa Palio et l’Albea dès 2007. Enfin Rolf, le principal importateur russe, envisage de vendre prochainement les premières voitures made in China.

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