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article paru de Diane Cambon dans Le Figaro le 11 avril 2006

La bataille de l’énergie fait toujours rage en Espagne

mardi 11 avril 2006 par Diane Cambon
Le gouvernement espagnol cherche à empêcher l’OPA d’E.ON sur Endesa. Au grand dam de la Commission européenne. Gas Natural soutient logiquement la détermination de Zapatero.

COMPARÉ à la bataille pour le rachat d’Endesa en Espagne, le mariage Suez-Gaz de France est une douce romance. Depuis bientôt deux mois, il n’est pas une semaine sans qu’un événement ne complique un peu plus l’affaire Endesa, opération financière à 30 milliards d’euros. Avec cinq acteurs en scène, chacun poursuivant son propre but, rien ne peut être simple.

Endesa, cible d’une OPA du catalan Gas Natural, puis d’une contre-OPA de l’énergéticien allemand E.ON, se bat pour son indépendance. Le gouvernement espagnol, lui, ne souhaite pas que le numéro un de l’électricité du pays tombe entre les mains d’un groupe étranger. Il a donc adopté des mesures protectionnistes qui ont déclenché la colère de Bruxelles.

Un champion national de l’énergie

La Commission européenne se retrouve en quelque sorte l’allié du groupe E.ON et l’Etat espagnol celui de Gas Natural . Madrid voit d’un bon oeil la constitution d’un champion national de l’énergie. Dans ce contexte, chacun joue sa partition. Le gazier catalan, Gas Natural, vient d’attiser les tensions, en dénonçant le droit de regard de la Commission européenne sur les affaires espagnoles. Au cours de l’assemblée générale extraordinaire du groupe, vendredi à Barcelone, le président de Gas Natural, Salavador Gabarro, a laissé échapper une pique contre la Commission. « Je trouve manichéen que Bruxelles s’affole maintenant. Il serait logique que la Commission européenne crée d’abord un marché unique européen de l’énergie et impose ensuite des sanctions, plutôt que le contraire », a-t-il dit en référence à la menace de procédure d’infraction qui pèse sur Madrid.

Au nom du principe de « sécurité nationale »

La réaction du gazier espagnol n’a surpris personne. Son projet de rachat d’Endesa a reçu le soutien de l’exécutif, socialiste. Mais cet appui politique ne pèse pas forcément très lourd face à la force de frappe financière d’E.ON. L’assaillant allemand est prêt à payer 29,1 milliards d’euros, bien plus que les 22,5 milliards d’euros proposés par Gas Natural. Autre problème : la défense d’Endesa, qui a obtenu au début avril du tribunal de commerce espagnol la suspension de l’OPA de Gas Natural, moyennant une caution de 1 milliard d’euros. Endesa estime en effet que l’offre de Gas Natural viole l’article 81 du traité de Rome. Endesa dénonce aussi l’entente scellée entre le gazier catalan et le deuxième opérateur électrique ibérique Iberdrola, qui pourrait acheter entre 7 et 9 milliards d’actifs en cas de succès de l’OPA de Gas Natural. Le prochain rebondissement pourrait venir de la Commission nationale de l’énergie (CNE). Selon le quotidien El Periodico de Catalunya, elle pourrait bloquer l’OPA d’E.ON au nom du principe de « sécurité nationale » applicable aux centrales nucléaires.

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