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Un article de Marie Visot paru dans le Figaro du 22 septembre 2005

La consommation française s’envole, la croissance ne suit pas

jeudi 22 septembre 2005 par Marie Visot
CONJONCTURE Le FMI table sur une hausse du PIB ramenée à 1,5% pour 2005

Les Français ont eu, cet été, une « inexplicable » frénésie d’achats. A la surprise des économistes, la consommation des ménages en produits manufacturés a bondi de 1,2% en juillet puis de 1,9% en août, selon les chiffres publiés hier par l’Insee. Celle du mois de juin a en outre été réappréciée d’un point, pour augmenter finalement de 1,5%. La progression sur un an atteint désormais 5,7%. Les dépenses de consommation n’avaient pas crû aussi rapidement depuis le début de l’année 2000 ! Les chiffres laissent d’autant plus perplexe qu’ils interviennent alors que les prix du pétrole s’envolent, que le moral des Français est en berne et que l’emploi ne s’est pas encore réellement amélioré.

La consommation a été particulièrement soutenue cet été par les vêtements et chaussures et par les biens d’équipement du logement (meubles, électroménagers, électroniques, etc.). Les dépenses des Français pour aménager leur intérieur ont progressé de 4,4% en juillet et de 3,9% en août. Une telle hausse en deux mois n’a jamais été observée depuis vingt ans... « Les écrans plats, lecteurs DVD ou encore le home cinéma sont très en vogue en ce moment », souligne Michel Devilliers, responsable de la conjoncture à l’Insee.

A cette frénésie de dépenses, peu d’explications. Si ce n’est que les ménages ont pu consommer grâce à un recours massif au crédit ainsi qu’à l’épargne.

La légère amélioration de l’emploi par le biais des contrats aidés, comme la revalorisation du smic, ont pu inciter à la dépense. Les économistes insistent sur un point : les Français ont de plus en plus tendance à faire leurs emplettes dans les réseaux à bas prix. Une large part de cette consommation profite aux produits importés. « Et ne vient pas soutenir notre emploi industriel », commente Michel Devilliers. « Sur 100 euros d’augmentation de la consommation, plus de 40 euros se portent sur des produits importés », a calculé Natexis Banques populaires. En d’autres termes, « ce que la croissance du PIB gagne en consommation, elle le perd en partie en importations », indique la banque.

Bref, « il ne faut pas extrapoler la vigueur de cette consommation » sur la croissance du PIB, indique-t-on au Centre d’observation économique. D’autant que ce dynamisme vient avant tout corriger la baisse de 0,5% enregistrée par la consommation au deuxième trimestre. Pour les experts, un seul remède permettrait au moteur de la croissance d’être fiable : une baisse pérenne du taux de chômage. Une baisse sur laquelle compte le gouvernement, particulièrement l’an prochain, afin de faire repartir la croissance, qu’il évalue entre 2% et 2,5% pour 2006. Hier, le FMI a revu à la baisse sa prévision pour l’Hexagone et table désormais sur une croissance de 1,5% en 2005 et 1,8% en 2006.

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