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Un article de Sébastien Ganet paru dans L’Humanité du 3 mars 2006

La croissance imaginaire de Bercy

lundi 3 avril 2006 par Sébastien Ganet
Économie . Les ministres Thierry Breton (Économie et Finances) et Jean-François Copé (Budget) ont annoncé in extremis une baisse des déficits sur fond de croissance en berne.

Thierry Breton a annoncé vendredi des déficits publics entre 2,9 % et 3 % pour 2005. Le retour dans les clous du pacte de stabilité ne s’obtient que par des ajustements de dernière minute. À la fin de décembre 2005, Paris avait modifié in extremis le régime de perception du dernier acompte de l’impôt sur les - sociétés (IS). Le tour de passe-passe était justement destiné à contenir les déficits dans les limites acceptables par Bruxelles. Par contre, Thierry Breton n’a pu annoncer une réduction de la dette publique, qui continue de croître et qui devrait dépasser le taux de 66 % du PIB prévu par Bercy.

À un an des élections et en pleine crise du CPE, le ministre de l’Économie et des Finances prévoit que le taux de chômage dans un an passera sous la barre des 9 % de la population active. Selon le patron de Bercy, le taux devrait approcher de 8,7 % ou 8,8 % en avril 2007, avec la création de 200 000 emplois en 2006.

Pour Thierry Breton, « cette évolution très favorable vient de la croissance, bien sûr, mais aussi des effets des mesures pour l’emploi du gouvernement de Dominique de Villepin et du contrat nouvelle embauche (CNE) et du plan de cohésion sociale. J’attends ainsi, comme la plupart des économistes d’ailleurs, environ 200 000 créations d’emplois au total pour 2006 », a déclaré le ministre tout en annonçant des réductions de postes au ministère des Finances. Les réductions d’effectifs « vont continuer à s’amplifier », a-t-il indiqué, en rappelant qu’« un départ à la retraite sur deux » ne serait pas remplacé à Bercy. En 2006, 2 608 suppressions d’emplois sont programmées à Bercy, soit la moitié de la baisse d’effectifs globale dans la fonction publique. « Pour la première fois cette année, 170 000 agents de Bercy toucheront, sans doute sur leur paie d’avril ou de mai, une prime d’intéressement » sur la base des résultats de leur direction, a déclaré Jean-François Copé.

Le ministre délégué au Budget a précisé qu’après la maîtrise des dépenses publiques, « l’étape suivante » consistait à « chercher les gains de productivité ». « Il s’agit d’un travail de contrôle de gestion comme dans n’importe quelle grande entreprise », a-t-il dit. « La seule manière d’aller maintenant en dessous du zéro volume [hausse des dépenses limitées à l’inflation - NDLR], c’est d’aller chercher du gain de productivité à tous les étages » de l’État, avec des audits « à marche forcée » et un examen de chaque politique publique. Concernant la croissance, les comptes trimestriels publiés par l’INSEE confirment une croissance de 1,4 % en 2005, soit un point de moins par rapport aux 2,5 % prévus par la loi de finances initiales. L’échec du gouvernement sur la croissance ne l’empêche pas de récidiver dans le mensonge. Thierry Breton parlait vendredi d’une économie française « solidement entrée en régime de croissance » en promettant une augmentation du PIB « entre 2 % et 2,5 % par an » en 2006.

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