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Un article de Marie Visot paru dans Le Figaro le 15 décembre 2005

La croissance retrouve son rythme de croisière

jeudi 15 décembre 2005 par Marie Visot
CONJONCTURE Avec le retour de la croissance sur un sentier de 2% l’an, à la fin de cette année et au début 2006, l’Insee voit le chômage refluer à 9,2% en juin prochain.

LA FRANCE est sur le point de retrouver un rythme de croissance un peu plus honorable. Après la dégringolade de l’activité au deuxième trimestre, celle-ci s’est bien redressée sur la deuxième partie de l’année. Profitant notamment d’un environnement international plus porteur en cette fin d’année, la croissance française en 2005 serait de 1,6%, selon la note de conjoncture semstrielle de l’Insee.

Continuant sur sa lancée, l’activité devrait progresser de 0,5% au premier trimestre 2006 et 0,6% au deuxième. A cette date, l’acquis de croissance atteindrait déja 1,7%. Statistiquement, il suffirait que l’activité progresse ensuite de 0,4% chacun des deux trimestres suivants pour que la croissance se situe juste au-dessus de 2% - le chiffre bas de la fourchette espérée par le gouvernement pour l’an prochain. « Un rythme tout à fait tenable », remarque Michel Devilliers, chef du département de la conjoncture à l’Institut de la statistique.

Le chômage à 9,2% en juin

Dans ce contexte, l’amélioration sur le front de l’emploi devrait se poursuivre. Après la création de 120 000 postes cette année - dont la moitié en contrats aidés -, 100 000 supplémentaires seraient créés au premier semestre 2006. Cette amélioration serait soutenue « à peu près par tiers égal, par l’emploi salarié, l’emploi aidé et l’emploi public », souligne Karine Berger, chef de la division Synthèse conjoncturelle à l’Insee. Le chômage, qui devrait terminer cette année à 9,5% (contre 10% à la fin 2004), pourrait ainsi reculer à 9,2% à la mi- 2006. Cette amélioration, conjuguée à une inflation limitée en raison du reflux des prix pétroliers à l’automne, redonnerait un peu d’oxygène aux ménages. L’accélération du pouvoir d’achat du revenu brut esquissée en 2005 (+ 1,9% après 1,6% en 2004), « s’accentuerait en début d’année prochaine », note l’Insee. Ce qui devrait soutenir les dépenses des ménages, indéniable moteur de la croissance depuis plusieurs années.

Quant au dynamisme de l’investissement logement des ménages, qui ne s’est pas démenti cette année, l’Insee ne le voit pas fléchir l’an prochain, et parle même de « dynamisme tenace », au vu des dernières mises en chantier.

Du côté des entreprises, la situation est plus contrastée. Si le secteur des services devrait rester vigoureux, l’industrie demeure marquée par la morosité. « La France fait un peu figure de mouton noir dans ce domaine », déplore Karine Berger. Les marges des sociétés industrielles ont été rognées cette année par l’envolée des prix des produits intermédiaires énergétiques, et la prudence domine désormais dans les décisions d’investissements. Les dépenses d’équipement devraient donc connaître « une évolution régulière quoique sans signe de reprises franche », indique l’Insee.

L’industrie subit en fait une situation bien française : une large partie de la demande intérieure est alimentée par les importations et non par la production nationale.

D’ailleurs, les importations - qui ont explosé cette année - ont été encore plus soutenues que les exportations, pourtant vigoureuses. Le commerce extérieur a encore pesé sur la croissance. De fait, le déficit atteindra des records en 2005 Christine Lagarde, ministre déléguée au Commerce extérieur, parlant de 30 milliards d’euros. Pour inverser la tendance, la France devra mieux se positionner, à la fois géographiquement et sectoriellement, sous peine de se laisser une nouvelle fois devancer par son voisin allemand.


Pétrole : un surcoût de 200€ en moyenne par ménage

Alors que les prix du pétrole ont, ces derniers mois, crevé des plafonds, la France a plutôt bien résisté. Mais la hausse de plus de 25 dollars depuis 2003 a quand même laissé quelques traces sur l’économie. Sur la consommation d’abord, la hausse des cours du brut a « alimenté la progression des prix des produits raffinés consommés par les ménages », l’essence en tête, indique l’Insee. Selon ses calculs, le surcroît pour le porte-monnaie de chaque ménage qui y est lié a été de 100 € en 2004 et de 200 € en moyenne cette année. Ensuite, les entreprises ont également dû faire face à une hausse des coûts de consommation intermédiaire en produits énergétiques. Certains secteurs, comme la chimie ou les transports, ont été plus touchés que d’autres. Reste que la hausse des prix de revient n’a pas déteint sur celle des prix de vente, en raison d’une concurrence accrue. Enfin, la facture pétrolière française - comme celle de tous les pays de l’OCDE - s’est, depuis 2003, fortement alourdie : elle est passée de 1,5 point du PIB en 2003 à 1,7 point en 2004 et serait de 2,1 points en 2005.

Au total, « la France ne revit finalement pas le traumatisme des chocs pétroliers des années 70 », conclut l’Insee. Et d’ajouter que la hausse des cours, davantage étalée dans le temps que lors des crises précédentes, « a permis des ajustements ». D’autant que le choc a été en partie amorti par l’appréciation de l’euro par rapport au dollar. Et que la dépendance énergétique s’est considérablement réduite depuis trente ans.

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