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Une dépèche AFP et reuters parue sur lemonde.fr le 29 novembre 2005

La croissance s’accélére dans l’OCDE malgré des risques substantiels

mardi 29 novembre 2005

Dans les perspectives d’automne publiées mardi par l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’économiste en chef de l’organisation Jean-Philippe Cotis souligne le dynamisme de la croissance dans de nombreux pays malgré les risques qui pèsent sur elle.

Une analyse largement partagée. "L’expansion devrait rester particulièrement soutenue aux Etats-Unis, tandis que le Japon paraît devoir conserver son dynamisme récent et que la reprise devrait enfin s’affirmer dans la zone euro", estiment les experts de l’organisation.

Ils revoient légèrement à la hausse leur prévision de croissance pour la zone OCDE dans son ensemble, la portant à 2,7 % pour cette année et à 2,9 % pour l’année prochaine contre 2,6 % et 2,8 % respectivement dans les perspectives de printemps. Pour l’année 2007, ils tablent sur une croissance de 2,9 % en moyenne pour les 30 pays membres.

Selon eux, la croissance devrait rester aux Etats-Unis, dont le PIB en termes réels (hors inflation) progresserait de 3,6 % cette année, puis de 3,5 % en 2006 et de 3,3 % en 2007.

REPRISE INCERTAINE EN FRANCE

Au sein de la zone euro, la croissance devrait s’accélérer et passer de 1,4 % en 2005 à 2,1 % en 2006 puis 2,2 % en 2007. Pour la France, il y aura un léger mieux. Une reprise de l’économie "s’est amorcée" en France mais elle demeure "incertaine", estime l’OCDE, qui a revu légèrement à la hausse ses prévisions de croissance à 1,6 % en 2005 et 2,1 % en 2006.

Pour l’OCDE, les indicateurs économiques du troisième trimestre - raffermissement de la consommation des ménages et de l’investissement, forte augmentation des exportations - "témoignent d’un net redressement" de l’économie française. L’OCDE incite néanmoins "à la prudence". "L’attitude hésitante des investisseurs et des consommateurs, de même que la faiblesse des exportations nette jusqu’au milieu de 2005, signifient qu’une vigoureuse reprise n’est pas certaine", souligne-t-elle.

Cette "embellie conjoncturelle et l’effet de certaines réformes récentes se traduiront par une certaine croissance de l’emploi l’an prochain", estime l’OCDE, tout en soulignant "qu’il ne faut pas s’attendre à un taux de chômage inférieur à 9 %". L’organisation prévoit un taux de chômage de 9,6 % en 2006 et 9,0 % en 2007.

Enfin l’OCDE estime que l’engagement du gouvernement de ramener le déficit public de la France à 3 % en 2005 et 2,9 % en 2006, afin de se conformer aux règles européennes, ne pourra être tenu.

En Asie, l’expansion continuera d’être tirée par une économie chinoise en plein essor, dont le taux de croissance devrait encore dépasser les 9 % en 2006 et 2007. L’économie japonaise enregistrerait une croissance de 2 % au cours des deux prochaines années, après 2,4 % en 2005.

L’OCDE s’attend à une croissance du commerce mondial de 9,1 % l’an prochain et de 9,2 % en 2007 après 7,3 % en 2005 - "presque des taux à deux chiffres, ce qui dans le passé s’est accompagné d’une robuste expansion de l’économie mondiale." "Le renchérissement du pétrole n’a pas embrayé sur des hausses de salaires et les anticipations d’inflation de long terme semblent bien ancrées", estime Jean-Philippe Cotis.

Dans ce contexte, l’OCDE préconise que la Réserve fédérale américaine continue de relever le taux des fonds fédéraux dans le sens d’une plus grande neutralité ou d’un léger resserrement de sa politique monétaire.

RISQUES "SUBSTANTIELS"

En revanche, l’organisation estime que la Banque centrale européenne ne devrait mettre fin à la stimulation monétaire que lorsque la reprise sera bien établie et ne préconise une hausse de son principal taux directeur qu’à partir de l’automne 2006. De même, elle recommande à la Banque du Japon de ne pas changer sa politique monétaire avant que l’inflation n’atteigne un niveau suffisamment élevé, par exemple 1,0 %.

Les risques associés à une poursuite de l’expansion mondiale sont "substantiels" prévient toutefois Jean-Philippe Cotis. "Les prix de l’énergie pourraient monter encore, se répercuter sur l’inflation et entraîner un durcissement général de la politique monétaire, qui freinerait l’expansion", notent ainsi les experts de l’organisation.

Ils retiennent l’hypothèse une baisse linéaire du cours du baril de Brent, qui passerait de 58 dollars en moyenne au dernier trimestre 2005 à un peu plus de 51 dollars fin 2007. Mais ils soulignent que les prix du pétrole "semblent devoir rester élevés dans le moyen terme".

Ils lancent une mise en garde contre les importants déficits de balance courante, qui "pourraient aboutir à des ajustements perturbateurs", notamment des taux de change."Le déficit extérieur des Etats-Unis, qui devrait dépasser 7 % du PIB en 2007, est encore financé à des conditions tout à fait favorables. Mais cela ne sera pas toujours le cas", avertissent-ils. "Une diminution soudaine de l’intérêt des investisseurs étrangers pour des stocks croissants d’actifs des Etats-Unis pourrait déclencher une baisse du prix de ces actifs, avec des répercussions négatives sur les marchés obligataires." Enfin, "si les taux d’intérêt à long terme se raffermissaient brusquement, les marchés du logement, actuellement très sensibles aux variations de taux d’intérêt dans la plupart des pays, pourraient être durement éprouvés".

"L’amplification des déséquilibres budgétaires et de comptes courants constitue un enjeu majeur de politique économique", note Jean-Philippe Cotis, pour qui "le bénéfice d’une croissance mondiale soutenue ne saurait être tenu pour acquis".

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