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Pierre Ivorra | L’Humanité du 29 mars 2011

La fièvre des prix à la consommation est nourrie par celle de l’argent

mercredi 6 avril 2011 par Pierre Ivorra

Le besoin de s’attaquer à la toute-puissance des marchés financiers apparaît à tous les coins de rue et même à l’étal des grandes surfaces et devant les pompes à essence des majors du pétrole.

Les prix sont à la hausse.

L’Hexagone n’est pas seul concerné par cette poussée de fièvre, même la lointaine Chine en est victime et les États-Unis ne sont pas épargnés. Dans une conjoncture morose marquée par une croissance faible et des taux de chômage élevés, cette accélération des prix affecte le pouvoir d’achat des ménages, leur consommation et, au fi nal, l’activité elle-même. Des mesures immédiates s’imposent afin de limiter les effets de ces hausses sur les familles.

Mais il faut pouvoir traiter le mal à la racine.

Dans plusieurs pays les pouvoirs publics entendent y répondre en relevant les taux d’intérêt directeurs de leur banque centrale et donc en augmentant le coût du crédit. En Chine, en Inde, c’est ce qui a été fait mais, parallèlement, des mesures de soutien au budget des ménages ont été adoptées. En Europe, la BCE menace d’augmenter ses taux début avril. Cette décision interviendrait alors que l’on assiste déjà à une montée des taux d’intérêt à long terme dans tous les pays développés et elle aurait pour effet de la précipiter avec tous les risques afférents.

Au sein d’une zone euro en pleine crise, une telle mesure rendrait plus difficile le fi nancement des dépenses publiques des pays les plus en difficulté. Mais la menace de la BCE vise avant tout à mettre les salaires et l’emploi sous pression. La hausse des taux d’intérêt incite en effet les directions d’entreprise à peser sur la masse salariale afin de maintenir la rentabilité de leurs capitaux comparativement aux placements financiers, notamment au titre de la dette publique. Le remède est ainsi pire que le mal : sous prétexte de combattre la hausse des prix, on nourrit la défl ation salariale et l’infl ation fi nancière. Une action effi cace suppose que l’on s’attaque aux véritables causes : la fièvre actuelle des prix est entretenue par celle de l’argent, par la spéculation sur les matières premières et dans l’immobilier.

Les plans de soutien engagés par les pouvoirs publics en 2008-2009 ont contribué à la relance d’une formidable accumulation de capitaux, qui cherchent à prospérer par tous les moyens au détriment du travail et de l’activité. Ce ne sont pas les salaires qu’il faut purger mais la finance. Il faut à la fois la taxer et réduire son importance. Cela suppose notamment que la BCE joue un autre rôle, qu’elle utilise l’arme des taux du crédit pour rendre plus chère la spéculation et moins cher l’investissement utile.

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