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Une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 2 janvier 2006

La "guerre du gaz" produit des effets plus graves que prévu en Europe

lundi 2 janvier 2006

La "guerre du gaz" produit ses premiers effets dans l’Union européenne (UE). Toujours en conflit avec l’Ukraine, Gazprom affirme avoir réduit, dimanche 1er janvier, de 120 millions de m3 de gaz par jour - soit la part revenant à l’Ukraine - le débit dans le gazoduc qui alimente ses clients européens. Mais l’Ukraine n’est pas seule à pâtir de cette mesure.

L’approvisionnement de l’Autriche en gaz russe a diminué "d’environ un tiers", a annoncé, lundi matin, la société autrichienne d’hydrocarbures OMV. L’impact de cette crise est même plus grave que prévu. "Les restrictions sur les quantités importées de gaz naturel russe se sont nettement aggravées durant la nuit de dimanche à lundi", a indiqué, lundi matin, un communiqué de la compagnie. "Ces baisses nettement supérieures aux attentes ont pu être compensées grâce aux réserves et la production interne" par OMV et la société gazière autrichienne EconGas, poursuit le texte.

D’après la compagnie, si le froid en Autriche ne devait pas baisser en deçà des températures actuelles, qui tournent ces jours-ci autour de zéro degré, la situation devrait être maîtrisée. Mais dans tous les cas, il n’y aura pas de restriction des fournitures aux particuliers, a souligné Werner Auli, PDG de OMV. Par contre, "si les quantités livrées devaient baisser davantage, on ne peut exclure des pénuries limitées pour les gros utilisateurs", a estimé M. Auli.

100 MILLIONS DE MÈTRES CUBES "VOLÉS"

L’Autriche n’est pas le seul pays à constater un tel recul des arrivées de gaz russe : le groupe gazier slovaque SPP a, lui, enregistré, lundi, une baisse de 30 % de volume de gaz russe transitant par l’Ukraine. Cependant, le groupe SPP ne considère pas la situation comme critique. Selon le porte-parole du ministère de l’économie slovaque, Robert Beno, ce pays possède assez de réserves de gaz pour tout l’hiver et il n’existe aucune raisonde "paniquer". En Italie, par contre, le gouvernement a demandé à ses importateurs d’énergie d’accroître leurs achats de gaz, a fait savoir le ministre italien de l’industrie Claudio Scajola. Selon Paolo Scaroni, administrateur délégué d’ENI, l’Italie va devoir "puiser sérieusement" dans ses réserves stratégiques.

Globalement, les chiffres communiqués lundi témoignent d’une aggravation de la situation. La Hongrie a constaté que la baisse de la pression du gaz naturel venant d’Ukraine était passée de 25 % à 40 %. La Roumanie, qui indiquait jusque-là n’être "pour l’instant pas touchée", annonce désormais que le volume du gaz fourni par la Russie a baissé de 25 %.

Pour Gazprom, le tort subi par ses clients européens incombe à Kiev. "Le volume de gaz volé par l’Ukraine dans le gazoduc à destination de l’Europe le 1er janvier est de près de 100 millions de mètres cubes, pour une valeur de plus de 25 millions de dollars au prix du marché", accuse Alexandre Medvedev, le vice-président de Gazprom, cité par l’agence Itar-Tass.

L’Ukraine a, pour sa part, démenti lundi se livrer à tout prélèvement du gaz destiné à l’Europe. Mais n’exclut pas de le faire. "Si les températures passent en dessous de zéro, moins trois ou moins cinq degrés, nous allons consommer du gaz russe que nous recevons en paiement de son transit conformément aux conditions contractuelles existantes" avec le gazier russe Gazprom, a déclaré le ministre de l’énergie Ivan Platchkov, cité par l’agence Interfax-Ukraine.


Pas plus de 4 % de la consommation affectés en France

Le ministre français de l’industrie François Loos a estimé lundi 2 décembre que seulement 4% de la consommation de gaz de la France pourrait être touchée en cas de difficultés d’approvisionnement liées au conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine. "4%, c’est absorbable par les autres contrats que Gaz de France a. Gaz de France pourrait donc acheter à la Norvège, à l’Algérie et puis il y a des réserves" a déclaré M. Loos sur Europe 1.

"Nous sommes approvisionnés par la Russie à travers ce tuyau pour 20% de notre consommation, ce qui est beaucoup moins que ce que consomment nos collègues autrichiens - 60% -, ou allemands et italiens" - a rappelé le ministre.

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