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Un article de Adrien de Tricornot et Olivier Truc paru dans le Monde du 7 janvier 2005

La "guerre du gaz" russe a relancé le débat nucléaire en Allemagne et en Finlande

samedi 7 janvier 2006 par Adrien de Tricornot , Olivier Truc
La crise gazière russo-ukrainienne du début de l’année a relancé en Finlande et en Allemagne le débat sur l’énergie nucléaire. Ce conflit "montre que nous devons toujours miser sur les sources d’énergie disponibles en Allemagne", a déclaré, lundi 2 janvier, le ministre allemand de l’économie, Michael Glos, de l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, avant d’ajouter : "Je voudrais avant tout rappeler une fois de plus que nous avons des centrales nucléaires en Allemagne." M. Glos a réaffirmé, mercredi 4 janvier, que cette crise devait être l’occasion de "réfléchir à la façon dont nous pouvons sécuriser davantage à long terme notre fourniture en énergie avec des ressources disponibles en Allemagne".

"Personne ne peut miser sur l’atome pour la sécurité et l’indépendance de l’approvisionnement en énergie dans l’avenir", lui a rétorqué, jeudi, le ministre social-démocrate (SPD) de l’environnement, Sigmar Gabriel. Une loi adoptée par l’ancienne majorité SPD-Verts prévoit la sortie progressive du nucléaire d’ici à 2020. Cette énergie représente 30 % de l’électricité consommée en 2004.

DE NOUVEAUX RÉACTEURS

Signé à l’automne, le contrat de coalition entre les unions CDU-CSU - qui voulaient prolonger davantage les centrales - et le SPD a finalement opté pour le statu quo. "La réglementation sur la sortie du nucléaire ne peut être modifiée", a rappelé, jeudi, la chancelière, Angela Merkel (CDU), soucieuse de couper court à la polémique.

La Finlande, premier pays européen à relancer le nucléaire depuis l’accident de Tchernobyl en 1986, n’a pas dit son dernier mot. Alors qu’elle a entamé, à l’automne 2005, la construction de son cinquième réacteur nucléaire, Olkiluoto 3, les industriels commencent déjà à parler de la nécessité d’un sixième réacteur pour "remplacer l’importation d’énergie de Russie par une production nationale". Environ 15 % de la consommation annuelle d’électricité sont importés, essentiellement des centrales nucléaires russes et des centrales hydrauliques suédoises.

La question de l’indépendance énergétique est d’autant plus sensible que, pour le gaz naturel, qui représente 11,4 % de sa consommation énergétique , la Finlande dépend exclusivement des importations du géant russe Gazprom, qui possède par ailleurs 25 % de Gasum, l’importateur finlandais de gaz naturel. La Finlande est le seul pays de l’UE à dépendre d’un seul gazoduc pour son approvisionnement, rapporte le journal Demari. Elle n’a pas de capacité de stockage et dépend à 100 % du gaz russe.

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