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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 1er novembre 2005

La négociation entre syndicats et patronat sur la "pénibilité au travail" se durcit

mardi 1er novembre 2005 par Rémi Barroux

Le prochain rendez-vous de la négociation sur "l’amélioration des conditions de travail et la réduction de la pénibilité au travail" entre le patronat et les syndicats, mercredi 2 novembre, ne sera pas le dernier. Depuis le début des discussions, en février, les relations se sont en effet tendues à nouveau, la CGT dénonçant même, le 28 octobre, une "remise en cause" de "ses engagements" par le Medef.

Alors que celui-ci s’était engagé, lors de la dernière séance le 27 septembre, à aborder les "conditions de réparation de la pénibilité" , notamment la question du départ à la retraite anticipé pour les salariés confrontés à des travaux pénibles, la CGT s’insurge contre le fait qu’aucun texte n’a été proposé aux syndicats avant la réunion de mercredi. Pour la confédération, "cette attitude méprisante est inacceptable".

LE PROBLÈME DE LA RÉPARATION

De fait, il avait fallu le coup de gueule unanime des syndicats et une interruption de séance réclamée par la CFTC le 27 septembre pour que la délégation patronale (Medef, CGPME et UPA) s’engage à proposer une nouvelle version de son texte.

Le "problème central de la réparation" , selon la CFTC, devait figurer dans un texte qui compte actuellement 16 articles et qui aborde essentiellement la prévention des travaux pénibles. La notion de pénibilité recoupe aussi bien les questions de postures et de charges physiques, de rythmes de travail (nuit, posté...), les questions de toxicité, de bruit, de chaleur, ou encore le stress.

Denis Gautier-Sauvagnac, vice-président délégué de l’UIMM (Fédération de la métallurgie) et négociateur pour le Medef, avait déjà indiqué qu’il n’était pas question que cela coûte "un centime de plus" à l’entreprise. Renvoyant à l’Etat et à "la solidarité nationale" le soin de régler cette question, M. Gautier-Sauvagnac se plaignait que le gouvernement "ait refilé cette patate chaude" aux partenaires sociaux.

Imposée par l’article 12 de la loi Fillon sur les retraites du 23 août 2003, qui prévoyait " une négociation interprofessionnelle sur la définition et la prise en compte de la pénibilité" dans les trois ans, cette discussion pourrait donc ne pas se conclure par un accord. Contrairement à la négociation sur l’emploi des seniors, imposée aussi par la loi sur les retraites et engagée le même jour, en février 2005, qui s’est conclue le 13 octobre par un accord que pourraient signer la CFDT, FO et la CFTC.

Un prochain rendez-vous de négociation sur la pénibilité au travail a d’ores et déjà été fixé au 6 décembre. Pour la séance de mercredi, plusieurs fédérations professionnelles de la CGT, dont la construction, ont appelé à la mobilisation, pour "la construction d’une retraite à 55 ans".

De son côté, la CFDT-Bois s’est engagée aussi pour "une cessation anticipée d’activité pour réduire l’écart de l’espérance de vie après le travail". Une revendication relayée par la confédération qui appelle à "la mobilisation générale le 2 novembre" et veut "contraindre le patronat à changer de braquet"

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