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Article de MARIE VISOT Publié dans Le Figaro le 12 septembre 2006

La production industrielle française s’essouffle.

mardi 12 septembre 2006 par Marie Visot
La production industrielle a reculé en juillet pour ­ le deuxième mois d’affilée. L’activité du secteur automobile est au plus bas depuis six ans.

VOILÀ une nouvelle qui vient nuancer la thèse défendue par Bercy selon laquelle tous « les clignotants de l’économie française sont au vert ». La production industrielle s’est contractée en juillet de 1,3 % par rapport au mois précédent, selon les chiffres publiés hier par l’Insee. En outre, après correction, il s’avère que la production n’a pas été stable en juin, mais a reculé de 0,1 %.

Aucun secteur n’a, le mois dernier, échappé à la dégringolade. Certaines baisses sont d’ailleurs, aux yeux des économistes, particulièrement préoccupantes. La descente aux enfers de l’industrie automobile française continue, avec une production en recul de 1,4 % en juillet après une chute de 3,8 % en juin : « L’activité est au plus bas depuis près de six ans, les marques françaises perdant quasi structurellement des parts de marché », remarque Nicolas Bouzou, chez Asterès. Et Alexander Law, chez Xerfi, d’expliquer qu’à l’origine de cette atonie se trouvent essentiellement « les mauvais résultats commerciaux de Renault et de PSA, liés au vieillissement de leurs gammes ». Il faudra donc attendre « le lancement des nouveaux modèles » des deux constructeurs pour voir une relance de l’activité industrielle.

De son côté, la production de biens intermédiaires et de biens d’équipement a reculé de respectivement 2,4 % et 0,4 %. Après la forte augmentation de l’investissement au deuxième trimestre, « il ne serait pas très étonnant que les chefs d’entreprises passent leur tour au troisième trimestre », soucieux notamment d’évaluer l’impact sur leur activité du ralentissement de l’économie américaine, poursuit Nicolas Bouzou.

Fragilité du rebond de l’économieBref, même si l’environnement reste porteur pour l’économie française - notamment du côté de l’Allemagne -, les maux qui affectent notre industrie restent toujours aussi handicapants : « Déficit de compétitivité, prix des matières premières, regain de l’euro », citent en vrac les économistes. Ce qui les conduit à s’interroger sur l’éventuelle fragilité du rebond de la conjoncture observé depuis le début de l’année. « L’économie peut-elle en effet ­continuer d’accélérer avec une industrie quasiment au point mort ? » s’interrogent les experts. S’il ne fait aucun doute que la croissance atteindra au moins 2 % cette année - l’acquis de croissance à la fin du deuxième trimestre s’élevait déjà à 1,9 % -, rien n’est moins sûr pour l’an prochain. Thierry Breton, le ministre de l’Économie, qui assure que « la France est repartie sur une dynamique de croissance assez forte », a d’ores et déjà affirmé qu’il bâtirait son budget sur une fourchette de croissance comprise entre 2 % et 2,5 %. Et a, par conséquent, révisé à la hausse ses prévisions de créations d’emplois pour 2006, ne tablant plus sur 250 000 créations mais plutôt sur 300 000.


L’industrie en France

Nombre d’entreprises en 2005 : 19 991, soit une baisse de 0,9 % par rapport à 2004.

Effectif salarié au 31 décembre 2005 : 2 723 983, soit un recul de 2,1 % sur un an.

Chiffre d’affaires hors taxe en 2005 : 775,1 milliards, soit une hausse de 4,4 %.

Exportations : 268,5 milliards.

Investissements corporels totaux : 26,1 milliards.

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