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Michel Delberghe | Le Monde le 17 avril 2007

La réforme de l’Etat en période de départs à la retraite

mardi 17 avril 2007 par Michel Delberghe
Près de 40 % des 5 millions de fonctionnaires partiront à la retraite d’ici à 2015, que ce soit dans l’administration de l’Etat (51 % des personnels), des collectivités territoriales (30 %) et des hôpitaux (19 %). Cette échéance aurait pu conduire les candidats à l’élection présidentielle à engager une réflexion concernant le rôle et les missions de l’Etat et des services publics, sur l’évolution des niveaux de recrutement et sur les rémunérations.

Sur ce point, si les salaires des employés et des ouvriers restent supérieurs dans le public, ceux des professions intermédiaires et des cadres sont nettement plus bas que dans le secteur privé. En l’absence de négociation et d’accord pour 2007, cette question devrait être l’un des dossiers prioritaires du futur gouvernement.

Les syndicats restent tout aussi attentifs à l’emploi. La suppression de 15 000 postes au budget 2007, essentiellement dans l’éducation nationale, avait provoqué des mouvements sociaux.

UN FONCTIONNAIRE SUR DEUX

En proposant de ne remplacer qu’un fonctionnaire de l’Etat sur deux partant à la retraite - soit 400 000 postes - et de consacrer la moitié des économies à financer des augmentations salariales, Nicolas Sarkozy s’est avant tout situé sur le terrain de la diminution du poids du secteur public et de la dette.

La modernisation de l’appareil d’Etat a commencé avec les restructurations du ministère de l’économie et des finances, le Trésor public, la direction générale des impôts, les douanes... En vingt ans, le nombre de fonctionnaires de ce secteur, de l’ordre de 194 000, a baissé de 10 %. L’objectif de renouvellement partiel des retraités ne devrait concerner ni l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la recherche, soit près de la moitié des salariés de l’Etat, ni les fonctions régaliennes (police, justice...). Dans ces domaines, aucun candidat ne se prononce pour des coupes claires.

Favorable à des mesures qui contribuent à réduire le train de vie de l’Etat, Ségolène Royal a placé le renforcement de la puissance publique et des collectivités locales au centre de ses préoccupations. La candidate socialiste, qui veut renforcer la "solidarité entre les territoires", suggère de poursuivre et d’amplifier la régionalisation, notamment en matière d’emploi.

François Bayrou s’avère également un fervent défenseur des services publics, dans les zones rurales et dans les zones urbaines sensibles. Le candidat de l’UDF suggère aussi une refonte de l’administration territoriale avec la fusion des départements et des régions.

La gauche antilibérale s’accroche à la préservation des avantages du secteur public. Et si Jean-Marie Le Pen préconise un renforcement de la sphère publique, c’est dans les domaines de la sécurité, la police, la justice, la défense.

La transformation du secteur public devra tenir compte des impératifs communautaires. Des directives européennes remettent en cause la "spécificité française", notamment dans les secteurs concurrentiels ou qui donnent lieu à l’attribution d’aides spécifiques.

Ce débat a, jusqu’à présent, été plutôt évité. Les candidats reconnaissent aussi la nécessité de revoir l’organisation du système de soins et le fonctionnement de l’hôpital sans toutefois en préciser ni l’ampleur ni les modalités.

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