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ELSA BEMBARON | Le Figaro le 23 mai 2007

La ruée continue sur les céréales et les ferraillex

mercredi 23 mai 2007 par Elsa Bembaron
Défiants les prévisions des analystes, les prix des matières premières ont continué de grimper l’an dernier, et 2007 s’annonce mouvementée.

PRÉOCCUPANTE la hausse continue des matières premières ? En particulier celle des produits agricoles ? Lors de la présentation de la dernière édition du Cyclope, rapport qui passe en revue les marchés mondiaux, son directeur, Philippe Chalmin, n’a pas caché son inquiétude. « Le monde a atteint ses limites », dit- il. Jusqu’à l’année dernière, les marchés céréaliers faisaient figure d’exception. Tandis que les cours des métaux et de l’énergie flambaient, les produits agricoles restaient stables. Mais en 2006, les cours des céréales se sont envolés à leur tour. Il y a deux grandes explications : les perturbations météorologiques comme El Niño, et l’explosion de la demande d’éthanol (carburant « vert »). Celle-ci a contribué à la hausse de 50 % des prix du maïs aux États-Unis.

Déraisonnable

Au début de la décennie, la filière de l’éthanol représentait à peine une dizaine de millions de tonnes de maïs, contre 60 millions de tonnes en 2006. Elle devrait atteindre 80 millions cette année. Par ricochet, les autres céréales sont touchées, notamment parce que la surface qui leur est consacrée diminue. Ainsi, le soja américain est le premier à subir les conséquences de cette redistribution des cartes. Dans les prochains mois, la hausse pourrait se poursuivre.

L’autre surprise de l’année 2007 pourrait venir des ferrailles, dont les prix sont déjà tirés à la hausse depuis trois ans par celui des métaux (cuivre, plomb, zinc, acier...). Une véritable crise de la ferraille pourrait même avoir lieu en 2007. Une fois de plus, les raisons de la hausse seraient chinoises. Dans le monde, les aciéristes consomment en moyenne 400 à 450 kg de ferraille pour produire une tonne d’acier, contre 160 kg en Chine : il reste donc une belle marge de manoeuvre et un risque réel d’envolée de la demande. D’autant que les ferrailles de l’Est sont de moins en moins disponibles.

Après avoir ouvert les vannes, la Russie et l’Ukraine ont mis en place des taxes à l’exportation des ferrailles. Ces morceaux de métaux ne sont plus considérés comme des scories, mais comme une véritable ressource que chacun entend bien valoriser... à prix d’or. Reste un espoir : que les prix des minerais reviennent à des niveaux plus raisonnables. « À 35 000 dollars la tonne, je trouvais le cours du nickel déraisonnable, alors à 50 000, que dire ? », plaisante Philippe Chalmin, qui n’exclut toujours pas un retournement des marchés.

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