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Un article de Jean-Pierre Robin paru dans Le Figaro du 10 février 2006

La sécurité énergétique au coeur des discussions du G 8 de Moscou

vendredi 10 février 2006 par Jean-Pierre Robin
Coopération internationale Les ministres européens des Finances espèrent convaincre la Russie de ratifier la Charte de l’énergie qu’elle a signée en 1994.

Moscou, qui reçoit aujourd’hui les ministres des Finances des pays du G 8 [1] joue « le diable et le bon Dieu ». Six semaines après avoir interrompu ses livraisons de gaz à l’Ukraine, le gouvernement russe, qui préside le G 8 cette année, a décidé de consacrer ce sommet en grande partie à l’énergie, et notamment à la « sécurité énergétique », celle des approvisionnements.

L’enjeu est considérable pour l’Europe, dont le tiers de la consommation en gaz est assuré par la Russie. Les prévisions à l’horizon 2030 montrent que les Européens devront importer la moitié de leurs besoins énergétiques, contre un peu plus du tiers aujourd’hui.

Pour la France, et avec l’appui, entre autres, de la Commission européenne, Thierry Breton va plaider pour que la Russie ratifie la Charte de l’énergie qu’elle s’est contentée de signer en 1994, et qui instaure un cadre de coopération entre les pays de l’Europe de l’Ouest, de l’Est et les membres de l’ancienne Union soviétique, soit une cinquantaine de pays au total.

Ce texte comprend un protocole annexe sur le transit, engageant les parties à faciliter la circulation des produits énergétiques. C’est précisément la raison pour laquelle le gouvernement russe n’a jamais voulu ratifier cette Charte. En pratique, explique-t-on de source française, cela impliquerait que les producteurs russes indépendants de gaz puissent utiliser les gazoducs de Gazprom. On comprend les réticences de Moscou, qui est en revanche demandeur de contrats à long terme, avec des garanties de prix permettant de sécuriser ses investissements.

Diversification des sources

Les discussions s’annoncent ardues. De toute façon le G 8 des ministres des Finances n’a qu’un rôle préparatoire, la véritable instance de décision étant le G 8 des chefs d’État ou de gouvernement qui se tiendra à Saint-Pétersbourg le 15 juillet. Les grands argentiers ne se limiteront pas à la « sécurité énergétique ». Ils traiteront de la diversification des sources d’énergie, y compris nucléaire, de « l’efficacité énergétique » qui pose la question des gaspillages, ainsi que la « pauvreté énergétique » (77% des Africains n’ont pas accès à un réseau électrique).

Le deuxième dossier à l’ordre du jour du G 8 (auquel seront conviés pour une partie des travaux la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud) concerne la santé, le contrôle des maladies infectieuses et les épidémies, et donc la production de vaccins pour les pays pauvres. Autrement dit « les financements innovants », dont la taxe sur les billets d’avion, dont on rappelle qu’une réunion internationale se tiendra à Paris sur ce sujet les 28 février et 1er mars.

Les autres sujets économiques et monétaires, qui constituent le train-train habituel des réunions des grands argentiers, ne seront pas traités à Moscou. Au risque de froisser la susceptibilité des Russes, les adjoints des ministres des Finances (le directeur du Trésor pour la France) se sont réunis en catimini, dans le format G 7, hier à Londres pour en parler.

[1] Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Russie.

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