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Un article publié dans Libération le 2 mai 2006

Le Brésil et l’Espagne s’inquiètent de la nationalisation du gaz bolivien

mardi 2 mai 2006
Le président de Bolivie Evo Morales a annoncé lundi la nationalisation de tous les hydrocarbures du pays.

La volonté de la Bolivie de nationaliser le secteur des hydrocarbures - et notamment du gaz naturel - provoque remous et inquiétudes. Mardi, le ministre brésilien des Mines et de l’Energie, Silas Rondeau, a critiqué directement la nationalisation surprise annoncée lundi par le président bolivien Evo Morales. « C’est un geste inamical qui peut être interprété comme une rupture des accords passés avec le gouvernement bolivien », a-t-il assuré. La compagnie pétrolière publique brésilienne Petrobras est la principale compagnie à avoir investi ces dernières années dans le gaz naturel bolivien avec l’espagnole Repsol. Le président brésilien Lula a convoqué pour mardi matin une réunion d’urgence avec son ministre et le président de Petrobras.

Morales a donné « 180 jours » aux entreprises pour renégocier les contrats passés ou quitter le pays. Le leader du MAS (Mouvement vers le socialisme), proche du cubain Fidel Castro, avait été élu en décembre sur un programme de « récupération » des ressources naturelles du pays, qui dispose des deuxième plus importantes réserves de gaz d’Amérique latine après le Venezuela. Il s’était cependant prononcé contre des expropriations pures et simples.

Le pays le plus pauvre d’Amérique du sud

Le décret pris lundi par la présidence bolivienne prévoit que l’entreprise nationale YPFB (Gisements pétrolifères fiscaux boliviens) récupèrera 51% des entreprises internationales implantées dans le pays. Il prévoit également, pour les gisements les plus importants, exploités notamment par Petrobras et Repsol, de porter le total des redevances et impôts à 82%. Le pays le plus pauvre d’Amérique du sud espère ainsi tirer dès cette année 300 millions de dollars supplémentaires de recettes fiscales.

Besoin d’investissements étrangers

Le groupe espagnol Repsol a jugé mardi matin « préoccupante » la décision d’Evo Morales. Le ministre de l’Industrie espagnol s’est également déclaré « préoccupé », estimant que la Bolivie avait besoin « d’investissements étrangers » et que ces investissements nécessitaient un climat de « sécurité juridique ». Le groupe pétrolier français Total, également présent en Bolivie mais dans une moindre mesure, n’avait pas fait de commentaire mardi matin sur cette nationalisation.

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