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Un article Rémi Barroux paru dans Le Monde le 11 janvier 2006

Le CNE draine une population jeune, peu diplômée et en situation précaire

mercredi 11 janvier 2006 par Rémi Barroux
Les dirigeants des très petites entreprises (TPE) françaises, qui ont recruté des salariés en faisant appel aux contrats nouvelles embauches (CNE), auraient majoritairement procédé à des embauches même sans le lancement, en août 2005, de ce contrat à durée indéterminée (CDI) prévoyant une période d’essai de deux ans.

Selon un sondage présenté, mardi 10 janvier, par le cabinet Fiducial, et réalisé du 23 au 29 décembre 2005 par l’IFOP auprès de 300 dirigeants ayant eu recours au CNE, seuls 29 % des entrepreneurs interrogés déclarent qu’ils n’auraient pas embauché sans l’existence du CNE, alors que 71 % auraient de toutes les façons recruté, dont 40 % en contrat à durée indéterminée (CDI) et 28 % en contrat à durée déterminée (CDD).

Le CNE est destiné aux entreprises d’au plus 20 salariés. Pendant la période d’essai de deux ans, l’employeur, comme le salarié, peut mettre fin au contrat sans justification. D’après le sondage, la rupture du CNE intervient dans 44 % des cas à l’initiative du chef d’entreprise et dans 52 % à celle de l’employé (4 % de non-réponse).

Pour les dirigeants ayant eu recours au CNE, ce contrat est d’abord vu comme une possibilité d’"embaucher sans prendre de risque si l’activité ralentit" (55 % des réponses). Il est aussi considéré comme un moyen de "tester les compétences pendant plus longtemps" (51 %) et d’"éviter les contraintes du CDI en cas de licenciement" (46 %).

Les secteurs des services et du BTP sont ceux qui ont le plus eu recours au CNE, suivis du commerce. Le sondage montre que les personnes embauchées en CNE sont âgées de 28 ans en moyenne et qu’elles sont à 59 % des hommes. Plus des trois quarts ont un niveau "en deçà du bac" (29 % sans diplôme ou avec un BEPC, 39 % avec un CAP ou un BEP). Par ailleurs, 56 % des personnes embauchées se trouvaient préalablement au chômage ou au RMI, 23 % en CDD dans une autre entreprise et 17 % en stage.

"Si le CNE permet de créer 20 % de nouveaux emplois, cela est loin d’être dérisoire", avance Jean-Marc Jaumouillé, responsable des enquêtes à Fiducial, qui estime néanmoins "exagéré" le chiffre de "plus de 220 000" CNE depuis août, annoncé par le gouvernement.

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