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FRANÇOIS MUSSEAU | Libération le 19.11.2007

Le Giec passe le relais aux politiques

lundi 19 novembre 2007 par François MUSSEAU

La satisfaction se lit sur tous les regards. Samedi, à la mi-journée, Cité des Arts, à Valence, les centaines de délégués issus de 130 pays sortaient des salles de réunion avec le sentiment du travail accompli. Après une semaine, les experts ont accouché à l’unanimité d’un rapport de 23 pages (version courte d’un travail scientifique de milliers de pages) ne laissant plus aucune équivoque sur la responsabilité de l’homme dans le réchauffement de la planète.

Poids. Augurant de terribles conséquences (sécheresse, inondations, famines, migrations massives…) si le tir n’est pas corrigé « au plus vite », le quatrième rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, le Giec, reprend les conclusions des précédents rapports, tout en leur donnant plus de poids. Exemple : la température mondiale a augmenté de 0,74 % entre 1906 et 2005, soit un rythme révisé à la hausse. Depuis 1970, les émissions de gaz à effet de serre ont crû de 70 %, et le niveau marin augmente d’année en année à mesure que les glaciers fondent. « L’importance de ce rapport ne tient pas seulement au consensus scientifique, explique le chef de la délégation espagnole, Arturo Gonzalo Aizpiri. Sa force, c’est surtout d’avoir été appuyé par tous les représentants des 130 pays. »

Même si des experts soulignent en coulisses les résistances de certains (surtout la Chine, l’Inde et les Etats-Unis), on accorde beaucoup d’importance au texte approuvé à Valence. Selon un délégué de Greenpeace, « ce rapport restera comme une référence mondiale, frappé d’un sceau scientifique incontestable ». Au côté du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le président du Giec, l’Indien Rajendra Pachauri, approuve : « Avec un tel consensus autour de ce texte, les sceptiques devront réfléchir à deux fois avant de le nier. »

Catastrophes. Leur travail « fait et bien fait », les experts estiment que la balle est désormais dans le camp des politiques. « Tous les pays doivent maintenant adopter des mesures pour réduire les émissions de gaz contaminants », dit le rapport, qui fixe la limite à 445 parties par millions jusqu’à 2015, date à laquelle les émissions doivent diminuer si l’on veut limiter les catastrophes annoncées. D’ici à 2015, selon le scénario le plus optimiste, la température augmentera de 2,4°C , jusqu’à 6,1°C dans le pire des cas. « La réduction des émissions à partir de 2015 n’est viable que si la pression sociale qu’on a connue cette année se maintient », confie Achim Steiner, directeur exécutif de l’ONU pour l’environnement. Quant à Ban Ki-moon, qui martèle que « le phénomène du réchauffement va à un rythme vertigineux », il a déjà les yeux sur le sommet de Bali, dans trois semaines, pour préparer l’après-Kyoto.

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