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Un article de Antoine Jacob. paru dans Le Monde du 29 décembre 2005

Le Land de Hesse refuse la hausse des tarifs que veulent appliquer les fournisseurs d’électricité

jeudi 29 décembre 2005 par Antoine Jacob

Les fournisseurs d’électricité n’y ont d’abord pas cru. Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence : le ministère de l’économie de la région allemande de Hesse leur a refusé la hausse des tarifs qu’ils souhaitaient appliquer, à partir de 2006, aux 3,7 millions de foyers et à l’industrie locale.

D’ordinaire, la soumission des tarifs au blanc-seing ministériel n’est qu’une simple formalité. Mais en cette période d’escalade du coût de l’énergie, le ministère a dit "stop !" E. ON, qui dessert 700 000 clients en Hesse, conteste la légalité de cette décision et pourrait déposer une plainte.

Pour le ministre chrétien-démocrate Alois Riehl, la hausse moyenne de 6 % des tarifs demandée par la cinquantaine de fournisseurs se disputant le marché dans ce Land de l’Ouest du pays est "inacceptable". Ceux-ci - des régies municipales mais aussi les géants du marché E. ON et RWE - n’ont pas apporté assez d’éléments pour "prouver la nécessité" de telles augmentations.

Ils ont invoqué la hausse des coûts d’approvisionnement. A la Bourse de l’électricité de Leipzig, où les prix sont fixés pour le pays depuis la libéralisation du marché en 1998, le courant a augmenté de 20 % depuis le début 2005. L’Etat a aussi sa part de responsabilité dans cette spirale inflationniste, puisque les diverses taxes sur l’électricité ont plus augmenté ces dernières années que les coûts de production, d’exploitation et d’entretien des réseaux de haute tension.

Le ministre, lui, affirme que la baisse prévisible des taxes d’exploitation du réseau électrique, l’an prochain, doit permettre aux fournisseurs de s’en tenir à leurs tarifs actuels. Dans une lettre publiée le 18 décembre, M. Rielh s’en prend aux Allemands E. ON et RWE, qui dominent le marché national avec respectivement 12 et 9 millions de clients : leurs "bénéfices élevés proviennent de leur situation de quasi-monopoles régionaux et du fait que les clients n’ont presque plus la possibilité de choisir", écrit-il.

Les fournisseurs qualifient cette campagne de "populiste". M. Riehl en a, en tout cas, retiré une popularité certaine, à l’heure où les prix de l’essence et du diesel, du fioul et du gaz ne cessent d’augmenter. Fils d’agriculteurs, le ministre s’est vu décerner le titre officieux de "politicien le plus aimé du pays" par le quotidien populaire Bild, lu par quelque 10 millions d’Allemands.

La Fédération nationale des associations de protection des consommateurs a estimé que les homologues de M. Riehl avaient "le devoir" de suivre son exemple. De fait, plusieurs Länder ont demandé à leurs fournisseurs de revoir leur copie.

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