Liste des auteurs

Un article de Fanny Doumayrou paru dans l’Humanité du 23 juin 2005

Le MEDEF ne paiera pas les retraites anticipées

samedi 25 juin 2005 par Fanny Doumayrou

Le message est clair : le patronat ne lâchera pas un euro pour la retraite anticipée des salariés usés par le travail. Mardi soir, la troisième séance de négociation avec les syndicats sur la pénibilité au travail s’est achevée sur un constat de blocage total. Pour les syndicats, l’objet même de ces discussions, découlant de l’article 12 de la loi Fillon sur les retraites d’août 2003, est de fixer des modalités de départ en retraite anticipée pour les salariés usés dont l’espérance de vie est réduite. Ce qui suppose de définir des critères très précis de pénibilité pour déterminer qui y aurait droit, et dans quelle mesure. Mais depuis la première rencontre en février, le MEDEF joue l’esquive. Et mardi, il a confirmé sa fin de non-recevoir.

Le MEDEF refuse tout

Le texte qu’il avait remis aux syndicats avant la rencontre se contente d’une définition très générale de la pénibilité au travail, et n’évoque pas de compensation pour les salariés concernés. Il tente même de profiter de la négociation pour revenir sur des acquis, par un article qui propose de supprimer les compensations en primes et repos pour travail pénible, pour les réaffecter à des actions de prévention.

À l’issue des discussions, Denis Gautier-Sauvagnac, chef de la délégation patronale, a osé se plaindre que « les syndicats n’aient qu’une idée en tête : le travail pénible doit entraîner une cessation anticipée d’activité, alors qu’aucun d’entre eux ne résout le problème du financement ». Pour le dirigeant patronal, si quelqu’un doit payer, ce ne peut être que l’État, en aucun cas les entreprises : « Si on fait financer par les entreprises le départ de certains salariés, elles disparaîtront, car cela revient à augmenter le coût du travail, a-t-il affirmé. Pour les travaux qui restent pénibles après les efforts de réduction de la pénibilité, il ne peut y avoir qu’un financement au titre de la communauté nationale. » De plus, il s’est opposé à l’idée d’un accord interprofessionnel normatif. Selon lui, un éventuel accord sur la pénibilité ne pourrait que renvoyer à des négociations de branche.

Concertations intersyndicales

« Ce qui est proposé n’est pas un accord-cadre, c’est à peine un accord de méthode », a déploré Jean-Christophe Le Duigou, de la CGT, qui a porté pour cette négociation un projet précis d’accord proposant un trimestre d’anticipation de la retraite par année de travail pénible, ainsi qu’une modulation des cotisations patro- - nales en fonction des efforts de prévention.

« On ne voit dans le texte du MEDEF ni prévention ni réparation. Il faudra bien des choses pour arriver à un accord », a estimé Michèle Biaggi, pour Force ouvrière. « Sur les 14 articles du texte, il y en a huit qui sont utiles et le reste est du bavardage », a déploré Joseph Thouvenel, pour la CFTC. Le MEDEF faisant mine de se mettre à table des négociations mais sans intention de lâcher du lest, les chances d’aboutir à un accord sont faibles. En vue des prochains rendez-vous fixés au 27 septembre et au 2 novembre, la CGT et la CGC ont lancé l’idée d’une rencontre intersyndicale pour se concerter sur les suites à donner à cette négociation.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !