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Un article de Peter Avis paru dans L’Humanité du 12 septembre 2005

Le TUC en congrès

lundi 12 septembre 2005 par Peter Avis

L’atmosphère pourrait être chaude cette semaine à Brighton, ville balnéaire du sud de l’Angleterre : le congrès annuel du Trades Union Congress (TUC), l’unique confédération syndicale britannique, y commence ses travaux ce matin, et les délégués ont de quoi débattre. Les syndicats affiliés au TUC représentent près de sept millions de salariés : un bon paquet, mais bien amoindri si l’on se souvient qu’il y a vingt-cinq ans douze millions étaient adhérents. Depuis, la confédération a subi des années de thatchérisme avec ses lois antisyndicales, la désindustrialisation et la montée de la société individualiste.

À l’ordre du jour du congrès se trouvent les droits au travail menacés par les privatisations ; les retraites en danger ; les employeurs voyous tels que la société américaine Gate Gourmet qui vient de licencier des centaines de salariés d’une heure à l’autre ; l’avenir de l’Europe après la mort de la constitution Giscard ; et puis cette histoire qui continue à tracasser la gauche britannique : la guerre en Irak et l’attelage du gouvernement travailliste à la politique de la Maison-Blanche.

Sur les retraites, ce sont surtout les syndicats du secteur public qui mènent la bataille : le syndicat Unison (1,3 million de membres) propose une motion qui déplore le fait que nombre d’employeurs refusent des retraites à leurs salariés et que la pension de l’État est insuffisante, surtout pour les femmes.

Les affaires étrangères et la menace de la globalisation de l’économie sont à l’ordre du jour de mercredi. Le RMT, syndicat des cheminots, demande au congrès de faire campagne contre « la politique de plus en plus libérale de Bruxelles », y compris dans les transports et les services. Enfin, trois grands syndicats - le T&G, le GMB et l’Amicus - sont en train de s’unifier afin de créer un « super-syndicat » de près de trois millions de membres.

Mais le grand défi auquel fait face le mouvement syndical britannique d’aujourd’hui, c’est son manque d’influence dans le secteur privé, où seulement 17 % des salariés sont syndiqués. La « culture syndicale » de jadis, si forte dans certaines industries maintenant presque disparues (charbonnages, sidérurgie, etc.), tend à disparaître. Et un million d’emplois ont été supprimés dans le secteur industriel depuis dix ans. Le TUC a de grandes traditions, mais les seules traditions ne sont pas suffisantes pour garantir la survie.

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