Liste des auteurs

Alexandra Chaignon | L’Humanité du 11.01.2008

Le bras de fer des salariés de Miko avec leur direction

samedi 12 janvier 2008 par Alexandra Chaignon

En grève depuis mardi, les ouvriers de l’usine Cogesal-Miko de Saint-Dizier, en Haute-Marne, dénoncent l’absence de dialogue social. Rien ne va plus à l’usine Cogesal-Miko (groupe Unilever) de Saint-Dizier (Haute-Marne), où un plan de restructuration, annoncé en novembre dernier, prévoit la suppression de plus de 250 emplois. Depuis le mardi 8 janvier, les salariés sont en grève et l’usine ne tourne plus. Le ton est monté ces derniers jours après la présentation, par la direction, du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), deux jours avant une réunion durant laquelle le comité d’entreprise (CE) devait demander le déclenchement du droit d’alerte. Il s’agit d’une procédure lancée lorsque le CE a connaissance « de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l’entreprise ».

« Le groupe Unilever affirme prôner le dialogue social, mais rien n’est fait pour informer les salariés », dénonce Hervé Mazelin, responsable syndical CGT. Pour lui, « le groupe fait délibérément obstruction aux informations auxquelles ont droit les salariés ». En effet, selon l’article L. 431-5 du Code du travail, le CE, pour formuler son avis, doit disposer d’informations précises et d’un délai d’examen suffisant. Ce qui n’a pas été le cas pour le lancement du PSE, qui en outre a été présenté avant même la réunion fixée pour le droit d’alerte, et a donc déclenché la colère des salariés. « Nous avons reçu les documents et la convocation pendant nos congés. La plupart d’entre nous n’avons pas eu le temps d’étudier le dossier », poursuit le syndicaliste. Le tribunal a été saisi pour reporter la procédure du PSE, ce qui laisserait du temps aux membres du CE.

En attendant le jugement, ces derniers suivent la procédure, qui prévoit une nouvelle réunion sur le PSE le 17 janvier. D’ici là, le mouvement risque bien de continuer. Hier, le CE a obtenu le droit d’alerte et demandé la nomination d’un cabinet d’experts et d’un avocat. « Mais la tension est toujours palpable et la grève se poursuit », indique Hervé Mazelin, indigné que la direction ait fait appel aux forces de l’ordre (qui ne sont toutefois pas intervenues), lorsque les salariés ont brûlé des palettes devant l’usine. « Si on veut que tout revienne dans l’ordre, on n’agit pas de cette manière. »

Cette action, les salariés l’ont entamée parce qu’ils aimeraient que le géant agroalimentaire reconsidère ses propositions et que celles-ci soient à la hauteur des bénéfices engrangés (11 millions d’euros en novembre 2007). « La fermeture du site doit passer par le dialogue social. Il y a d’autres solutions que les licenciements secs », insiste le délégué syndical, qui déplore aussi que la direction ne s’engage pas sur la pérennité du site. De quoi inquiéter les salariés, dont la moitié au moins a plus de 45 ans.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !