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Jean-Michel Bezat | Le Monde le 15.02.07

Le chantage au pétrole de la Russie inquiète toute l’Europe

jeudi 15 février 2007 par Jean-Michel Bezat

Un an après la brève "guerre du gaz" qui avait opposé la Russie et l’Ukraine, Moscou a lancé, lundi 8 janvier, une "guerre du pétrole" contre la Biélorussie. Recourant une fois de plus à son arme la plus puissante, l’énergie, le Kremlin a ordonné la fermeture des vannes de l’oléoduc transitant par ce pays pour signifier son opposition à la taxe que Minsk veut imposer sur l’or noir russe passant par son territoire. L’Europe n’était pas visée. Mais quatre de ses Etats membres (Allemagne, Pologne, Hongrie et Slovaquie) en subissent les conséquences.

Ce conflit ouvert intervient à la veille de la publication par la Commission de Bruxelles, mercredi 10 janvier, d’une série de propositions destinées à améliorer le fonctionnement du secteur de l’énergie. Ce "paquet" de mesures sera plus axé sur la libéralisation du marché européen que sur un renforcement de la sécurité d’approvisionnement des Vingt-Sept. Il est vrai que tous ont leur propre stratégie et que les velléités de politique énergétique commune se sont toujours heurtées aux choix énergétiques de chaque Etat membre, les uns privilégiant le gaz ou le pétrole, d’autres le charbon, d’autres encore le nucléaire.

Or, c’est bien la question de sa sécurité énergétique qui est une nouvelle fois posée avec ce conflit entre Moscou et Minsk. Et celle des bonnes relations de l’Union européenne (UE) avec le premier producteur mondial de gaz et le deuxième producteur de pétrole derrière l’Arabie saoudite. La chancelière allemande, Angela Merkel, a apporté de premiers éléments de réponse à une trop grande dépendance aux hydrocarbures russes. "On doit économiser l’énergie, se tourner vers les énergies renouvelables, et naturellement aussi réfléchir aux conséquences de la sortie du nucléaire", a-t-elle souligné, lundi, sur la chaîne de télévision ARD.

Beaucoup plus critique que son prédécesseur, Gerhard Schröder, à l’encontre de la Russie, Mme Merkel demande à ce pays, devenu en quelques années une superpuissance énergétique, de rester le fournisseur "fiable" qu’il a été depuis les années 1970. Cet engagement est d’autant plus important que le monopole russe Gazprom, assis sur 20 % des réserves mondiales de gaz, jouera un rôle croissant dans l’approvisionnement du Vieux Continent (25 % actuellement), des Etats-Unis et de l’Asie.

Mme Merkel, dont le pays assure la présidence de l’UE jusqu’au 30 juin, doit négocier un nouvel accord de coopération avec la Russie dans lequel, outre le commerce et les droits de l’homme, l’énergie aura une place centrale. Bruxelles demandera à Moscou le respect de l’"équité" dans l’accès au marché ainsi que des "garanties" pour ses approvisionnements et ses investissements. Des exigences qui, jusqu’à présent, n’ont pas toujours été prises en compte

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