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Article de CAROLINE DE MALET. Publié dans Le Figaro le 2 décembre 2006

Le club des réacteurs du futur s’élargit

samedi 2 décembre 2006 par Caroline de Malet
NUCLÉAIRE La Chine et la Russie s’associent aux recherches menées au sein du Forum international génération IV. L’Inde, elle, frappe toujours à la porte.

DEUX nouveaux venus, la Chine et la Russie, ont discrètement fait leur entrée jeudi soir à Paris dans le Forum international génération IV (GIF). Lancée en 2000 à l’initiative du département américain de l’Énergie, il s’agit d’une instance de coopération en recherche sur les réacteurs nucléaires du futur.

Ce club a choisi de plancher sur six concepts de réacteurs présentant une rupture technologique majeure. Plus propres, générant moins de déchets, capables de produire de l’hydrogène pour certains, voire de dessaler l’eau de mer, ce sont les réacteurs dits de quatrième génération, qui ont vocation à voir le jour après 2030.

« Les deux nouveaux alliés pourront apporter une contribution précieuse en R & D », explique Jacques Bouchard (Commissariat à l’énergie atomique), qui vient de prendre la présidence tournante du GIF. La Russie est le seul pays à avoir travaillé sur les réacteurs ­rapides au plomb. Quant à la Chine, qui dispose de deux installations expérimentales, elle devrait consacrer au nucléaire d’importants investissements à l’avenir.

Compétition industrielle

Les treize pays membres du GIF sont prêts à investir au total 6 milliards de dollars sur quinze ans (50 à 100 millions de dollars par an pour les États-Unis, la France et le Japon ) soit presque autant que pour le projet de réacteur de fusion nucléaire Iter (10 milliards de dollars sur quarante ans). Mais au terme de cette phase de coopération, chacun gardera la propriété intellectuelle de ses recherches. Le jeu de la compétition reprendra alors le dessus en phase industrielle. Grand absent de ce club de défense de l’atome : l’Inde, qui n’a pas signé le traité de non-prolifération, mais frappe à la porte du GIF. La question s’est déjà posée au sein du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) en combustible et réacteurs. Nombre de ses membres, sauf les États-Unis, ne sont pas prêts à approvisionner l’Inde, qui refuse de placer toutes ses installations nucléaires sous contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Surtout, la Chine s’y oppose, à moins que la porte ne reste ouverte pour le Pakistan. On en est encore loin.

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