Liste des auteurs

Yves Mamou | Le Monde le 14 juillet 2007

Le directeur général de Rhodia défend la validité du marché du CO2

dimanche 15 juillet 2007 par Yves Mamou

Le marché des gaz à effet de serre est-il réellement efficace pour combattre le réchauffement climatique ? Jean-Pierre Clamadieu, directeur général du chimiste Rhodia, a tenu une conférence de presse, jeudi 12 juillet, pour calmer les interrogations qui ont germé sur le sujet.

Le 16 juin, le journal britannique The Guardian avait jeté un pavé dans la mare en mettant en évidence, dans une longue enquête, les dérapages auxquels conduisait la création par l’Union européenne d’un marché pour la vente et l’achat des émissions de carbone par les 10 600 entreprises, principales émettrices de CO2 (énergie, métaux...). "L’organisation du marché est mal réglementée et laisse place à la fraude, affirmait le quotidien anglais. Chacun peut librement affirmer qu’il a réduit ses émissions de CO2, ou vendre plusieurs fois les mêmes droits à émettre."

Le groupe chimique dirigé par M. Clamadieu a d’autant plus intérêt à défendre le système qu’il a anticipé très tôt les avantages qu’il pourrait en tirer. Les ventes de quotas de CO2 de Rhodia ont contribué à hauteur de 33 millions d’euros à son résultat brut d’exploitation de 205 millions en 2006.

M. Clamadieu a insisté sur la rigueur du processus d’enregistrement des entreprises sur le marché du CO2, lequel peut durer un an et demi tant les modalités d’enquête a priori, de contrôle en cours de route et de vérification a posteriori sont rigoureux.

"Les audits sont réalisés par des entreprises indépendantes spécialisées dans l’évaluation des process industriels et chaque projet donne lieu à un audit pendant la phase d’enregistrement, indique M. Clamadieu. Au cours de la vie du projet, chaque certification de réduction donne lieu à un audit a posteriori par un second auditeur indépendant."

RÉDUCTION DES DROITS D’ÉMISSION

La mobilisation des entreprises sur ce nouveau marché à l’occasion de la phase expérimentale 2005-2007 aurait même été exceptionnelle. "La réduction des gaz à effet de serre est un objectif majeur pour tous les chefs d’entreprise", a affirmé M. Clamadieu.

En 2006, les échanges ont dépassé le milliard de tonnes de CO2, soit 18 milliards d’euros en valeur. Une seconde phase débutera en 2008 jusqu’en 2012. Une forte réduction des droits à émettre des gaz à effet de serre (- 9 %) par rapport à la première phase permettra de redresser les prix qui se sont effondrés. Ils devraient évoluer autour de 21 euros la tonne sur les échanges de phase deux.

Enfin, même si l’organisation actuelle est perfectible, les résultats sont déjà là, affirme M. Clamadieu : "La hausse des émissions de gaz à effet de serre a été de 0,8 % entre 2005 et 2006, contre 4 % à 7 % si ce système n’avait pas été mis en place." La phase deux doit marquer le début de la décrue.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !