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Un article de Cécile Calla paru dans Le Figaro du 2 mai 2006

Le donnant-donnant de Bosch sur le temps de travail

mardi 2 mai 2006 par Cécile Calla
INDUSTRIE. L’équipementier automobile a réitéré son souhait d’augmenter encore la durée du temps de travail en France et en Allemagne pour maintenir sa compétitivité.

COMPÉTITIVITÉ et mondialisation étaient les maîtres mots du jour. En présentant les résultats de l’exercice 2005, le groupe allemand Bosch a rappelé en fin de semaine dernière les défis auxquels est confrontée l’industrie automobile. Face à la « mutation structurelle de la branche », nous devons « augmenter nos efforts », a souligné Franz Fehrenbach, président du directoire du groupe, leader sur le marché de la sous-traitance automobile.

Pour les dix-neuf sites français du groupe, cela signifie, à moyen terme, un rallongement quasi certain du temps de travail. « Les 40 heures sont un objectif sérieux », expliquait au Figaro, en marge de la conférence de presse, Wolfgang Chur, membre du directoire du groupe et directeur des ventes. « La France est dans la même situation que le reste de l’Europe de l’Ouest, elle est en concurrence avec les pays de l’Est », poursuivait-il. Dans ce contexte, « le maintien à tout prix des 35 heures risque de conduire, à terme, à des suppressions d’emplois ». Soit l’opposé de l’objectif poursuivi par l’accord de Vénissieux.

Signé en juillet 2004 par la CFDT et la direction de Bosch France, cet accord, qui a introduit une semaine de 36 heures payées 35, a permis de sauver 190 emplois menacés. A peine deux ans plus tard, la CFDT, seule signataire du texte, a dénoncé ce compromis en invoquant le manque d’implication de la direction dans sa mise en oeuvre. Hier, la direction allemande se montrait confiante sur l’issue du conflit : « Nous espérons trouver un compromis le plus rapidement possible. »

Investissements sous conditions

De l’autre côté du Rhin, Bosch souhaite investir en 2006 près d’un milliard d’euros pour améliorer la compétitivité des sites allemands. L’entreprise évoque notamment la construction d’une usine de microprocesseurs sur le site de Reutlingen dans le Bade-Wurtemberg. Le groupe a conditionné cet investissement à des concessions en matières de temps de travail et salaire. Si les négociations avec les représentants du personnel échouent, le groupe achètera une usine déjà construite. « Elle pourra se trouver partout dans le monde », a expliqué la direction.

Pour répondre au défi de la mondialisation et atteindre l’objectif de préservation de l’environnement et des ressources, le groupe souhaite également multiplier les innovations techniques. Cette priorité se lit sur le budget de la recherche développement qui atteignait, en 2005, 3,1 milliards d’euros, 7,4% du chiffre d’affaires.

Au total, le groupe poursuit une double stratégie : aménager la production dans les pays en développement tout en garantissant celle des pays industrialisés. En 2005, le chiffre d’affaires du groupe, présenté pour la première fois en normes IFRS, a augmenté de 6,4%, à 41,5 milliards. Le résultat avant impôts est passé de 2,7 à 3,2 milliards.

C’est en Asie du Pacifique que Bosch a obtenu les meilleurs résultats. Son chiffre d’affaires a progressé de 16% contre une hausse de 3,5% en Europe.

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