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Dépèche AFP et Reuters parue sur lemonde.fr le 24 juillet 2006

Le dynamisme de la consommation des ménages conforte la croissance

lundi 24 juillet 2006

La consommation des ménages en produits manufacturés s’est envolée en France en juin, dépassant de loin les anticipations des économistes. Alors qu’ils s’attendaient à une hausse de 0,4 %, elle a atteint 1,7 %, selon les chiffres de l’Insee publiés vendredi 21 juillet. En un an, la progression s’établit à 5,6 %, là où les analystes attendaient + 4 %. En mai, la progression a été revue à la hausse à + 0,9 % (contre + 0,6 % en première estimation).

"Toutes les composantes de la consommation augmentent sur le mois, phénomène assez rare", souligne Nicolas Claquin, économiste à HSBC, qui rappelle qu’"il faut remonter quasiment un an en arrière pour retrouver cela". Les explications sont, comme toujours, multiples. Ainsi, les soldes ont commencé en avance cette année (le 28 juin), et les achats d’automobiles ont enregistré une correction à la hausse.

Mais les conjoncturistes mettent tous l’accent sur la prolongation en juin d’un "effet Coupe du monde" déjà observé en mai sur les achats d’équipement de maison (écrans plats et LCD). Un effet ravivé par le parcours de l’équipe de France, adversaire malheureuse de l’Italie en finale. Ainsi, après avoir augmenté de 6,4 % en mai, un niveau exceptionnel, la consommation des biens d’équipement du logement a encore progressé de 3,2 % en juin.

Le dynamisme de la consommation pourrait conduire à une révision à la hausse des prévisions de croissance du PIB sur l’ensemble de l’année. "Nous prévoyons une croissance de 2 % sur l’année, mais nous pourrions être au-dessus de cela", a déclaré Olivier Bizimana, économiste au Crédit agricole, dont la prévision actuelle se situe dans le bas de la fourchette de prévisions de croissance de 2 % à 2,5 % retenue par le gouvernement.

"On va avoir un acquis relativement soutenu de la consommation, cela conforte notre scénario d’une croissance de 2,2 % sur l’année", renchérit Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven.

INCERTITUDE SUR LA POURSUITE DU MOUVEMENT

Toute la question est maintenant de savoir si la consommation va rester soutenue une fois l’euphorie retombée. Assurément, selon une étude de l’assureur-crédit Euler Hermès SFAC publiée vendredi. En France, où l’emploi stagne et où les salaires progressent peu, "les ménages puisent dans leur taux d’épargne (au demeurant encore élevé, à 15 % en 2005) pour financer une consommation assez soutenue (2,5 % attendu pour 2006 et 2007)".

Pour Nicolas Claquin, la progression des dépenses de consommation au mois de juin "souligne à quel point elles sont un moteur pour l’économie française". "Les ménages ont puisé dans leur épargne depuis plusieurs années pour alimenter la consommation. Le marché de l’emploi est désormais la clé. Il s’est repris et nous verrons si cela est suffisant pour maintenir la consommation", poursuit-il.

Plus pessimiste, Marc Touati, économiste chez Natexis Banques populaires, ne voit pas matière à se réjouir dans le taux d’endettement des ménages français, qui avoisine désormais 66 % et "atteint des sommets historiques". Ces derniers "sont en train d’utiliser leurs dernières cartouches pour maintenir la consommation à un niveau élevé", avertit-il. En attendant, le moral des ménages et surtout des chefs d’entreprise est au beau fixe.

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