Liste des auteurs

Un article de Cécile Chambraud paru dans Le Monde du 5 février 2006

Le gouvernement espagnol autorise sous conditions l’OPA hostile de Gas Natural sur Endesa

dimanche 5 février 2006 par Cécile Chambraud

Le feuilleton au long cours de l’offre publique d’achat (OPA) hostile que Gas Natural entend lancer contre Endesa a connu un épisode important, vendredi 3 février, puisque l’opération a été approuvée, sous conditions, par le conseil des ministres espagnol.

Cette décision était attendue dans la mesure où le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero est partisan de la constitution d’un grand groupe dans un secteur de l’énergie appelé à s’ouvrir à plus de concurrence en 2007. En prenant le contrôle d’Endesa, le premier électricien d’Espagne, Gas Natural, la première entreprise gazière du pays - qui est deux fois plus petite que sa proie -, avait l’ambition de donner naissance au troisième groupe énergétique mondial en termes de clients.

Le gouvernement espagnol avait en sa possession deux avis contradictoires : si la Commission nationale de l’énergie était favorable, sous conditions, à l’OPA de 22,5 milliards d’euros, le tribunal de défense de la concurrence y était, pour sa part, hostile. Madrid a finalement approuvé l’opération tout en exigeant des désinvestissements plus importants que ceux qu’envisageait l’acheteur.

Dans l’électricité, le gouvernement demande à Gas Natural de vendre des unités de production d’une capacité totale de 4 300 mégawatts - le groupe était prêt à vendre des actifs équivalents à 3 100 mégawatts. Dans le gaz, il devra revendre aux enchères 1,8 milliard de mètres cubes pendant trois ans à partir de 2007, soit l’équivalent du gaz importé par Endesa en 2005. Il devra aussi céder au moins 1,5 million de points de vente de gaz.

VERS UNE HAUSSE DE L’OFFRE

Le ministre de l’économie, Pedro Solbes, a affirmé que l’entreprise résultante de la fusion sera plus petite qu’Endesa sur le marché de l’électricité et que Gas Natural sur celui du gaz, et qu’il y aurait donc, à son sens, une amélioration des conditions de la concurrence. Selon M. Solbes, les exigences fixées par le gouvernement devraient permettre "de disposer à court terme d’un nouvel opérateur électrique et d’un maximum de deux opérateurs de distribution de gaz" sur le marché espagnol.

Gas Natural se réunira la semaine prochaine pour étudier les conditions imposées par le gouvernement. Elle a deux semaines pour les accepter. La compagnie devra ensuite soumettre un plan de désinvestissement au service de protection de la concurrence. Si elle obtient son accord, elle devra faire viser l’OPA par la Commission nationale du marché des valeurs.

Endesa, qui depuis cinq mois tente par tous les moyens de s’opposer à l’OPA, a annoncé qu’elle déposerait un recours contre la décision du gouvernement auprès du Tribunal suprême espagnol.

Pour chaque action d’Endesa, Gas Natural offre 21,30 euros, un prix inférieur aux dernières cotations. Pour de nombreux experts, cette offre est trop basse et le gazier devra probablement l’augmenter au-dessus des 25 euros. A la clôture, vendredi, les actions d’Endesa se sont négociées à 24,89 euros, en hausse de 0,32 %. Gas Natural, de son côté, a gagné de 1,48 %.

L’opposition de droite, qui voit dans cette OPA une opération conjointe des milieux proches des socialistes et des nationalistes catalans (le principal actionnaire de Gas Natural est la banque barcelonaise La Caixa), a critiqué la décision et a assuré qu’elle "démonterait le monopole anticompétitif auquel le gouvernement a donné le jour" si elle revient au pouvoir en 2008.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !