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Un article de Anne-Laure Julien et Frédéric de Monicault paru dans le Figaro du 28 octobre 2005

Le gouvernement habille la hausse des prix du gaz

vendredi 28 octobre 2005 par Frédéric de Monicault, Anne-Laure Julien
ÉNERGIE Thierry Breton va maintenir la hausse de 12% du prix du gaz revenant à Gaz de France. Le pourcentage présenté aux particuliers incorporera les gestes commerciaux et sera proche de 6%.

DANS L’ÉPINEUX dossier du prix du gaz, le gouvernement a tranché. Le plus subtilement possible, en tout cas à ses yeux, car il était pris entre deux feux. D’une part, entériner la proposition tarifaire de Gaz de France (+ 12% à partir du 1er novembre) sous peine de décourager les investisseurs au moment de l’ouverture du capital d’EDF. De l’autre, décider d’une « majoration » équilibrée - selon les propres termes de Dominique de Villepin - qui reste acceptable aux yeux des consommateurs.

Face à ce dilemme, Thierry Breton va annoncer ce matin une hausse des prix du gaz qui tient compte des gestes commerciaux significatifs de Gaz de France, c’est-à-dire, selon nos informations, autour de 6%. En d’autres termes, les 12% de majoration sont, sauf coup de théâtre, acquis pour GDF. Mais la hausse sera présentée aux clients déduction faite des coups de pouce commerciaux provisoires.

Pour ce faire, Gaz de France a dû renforcer les mesures annoncées la semaine dernière. Voici quelques jours, l’entreprise dirigée par Jean-François Cirelli avait déjà accordé une remise commerciale équivalente à 30% de l’abonnement pour ses clients se chauffant au gaz, soit une remise globale de 15 euros hors taxes.

Cette mesure concerne 7 millions de clients. L’entreprise avait également annoncé la création d’un fonds solidarité énergie à l’intention des plus démunis. Enfin, de nouveaux financements sont prévus pour remplacer les chaudières dans la recherche d’une meilleure efficacité énergétique. A l’arrivée, le coût de cette panoplie de mesures avait été chiffré à 120 millions d’euros, un montant aujourd’hui significativement dépassé.

Rassurer les marchés

Avant d’opter pour cet habillage de la hausse des prix du gaz, le gouvernement a attendu de connaître l’avis consultatif de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Réunie hier, celle-ci a jugé légitime la proposition tarifaire de Gaz de France. Dès lors, il était difficile pour le gouvernement de devoir réviser à la baisse la demande de Gaz de France, sous peine de refroidir les marchés au moment où démarre la souscription des titres EDF.

En effet, comment faire admettre aux investisseurs potentiels d’EDF qu’une entreprise comme Gaz de France, cotée depuis juillet, continue à ce point à subir la loi de l’Etat en matière de fixation des prix de l’énergie.

D’ailleurs, en début de semaine, l’action de Gaz de France avait plongé, perdant près de 3%. Une décision se traduisant par une réduction significative de la demande de hausse tarifaire de Gaz de France aurait eu un effet déplorable aux yeux des marchés.

Pour autant, malgré cet amortissement, le consommateur n’en a pas fini avec la hausse des prix du gaz. Même si celle du 1er novembre s’annonce comme moins substantielle que prévu, deux nouvelles majorations sont à prévoir pour les 1er janvier et 1er avril prochains. Cette double accélération - d’au moins 7% en tout - correspond à un rattrapage de la répercussion incomplète des coûts d’approvisionnement de Gaz de France lors de la révision tarifaire de l’automne 2004.

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