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Elodie Boulch - Sylvain D’Huissel. | Le Figaro le 29.08.07

Le gouvernement tranchera fin septembre sur le dossier Suez GDF

mercredi 29 août 2007 par Sylvain D’Huissel, Elodie Boulch

Le gouvernement devrait donner sa décision fin septembre sur le dossier Suez GDF. Pour le président de Gaz de France, le projet n’est "pas mort" mais est désormais dans les mains de Suez.

Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, a indiqué mercredi que la date à laquelle le projet de fusion entre Suez et Gaz de France se devait d’être clarifié était "celle de la fin du mois de septembre", lors du compte rendu du Conseil des ministres. Il a par ailleurs réaffirmé qu’il n’y avait pas eu "d’ultimatum" sur cette question. La fusion GDF-Suez est "un dossier sur lequel évidemment des positions vont rapidement sortir" a t-il indiqué.

Lors d’un entretien au journal "Les Echos" daté d’aujourd’hui, le PDG de GDF, Jean-François Cirelli avait estimé que le projet de fusion de son groupe avec Suez n’était "pas mort". Il avait également indiqué que Suez devrait faire "les pas nécessaires" dans les meilleurs délais pour donner une suite positive aux démarches entreprises dans le cadre de la fusion. Par "pas nécessaires", le PDG de GDF entend la cession partielle ou totale des activités environnement. En effet, l’Etat considère que la fusion n’aurait de sens que si elle avait pour but de rapprocher les activités énergétiques des deux groupes. Pour GDF, Suez devra céder son pôle environnement. Selon le journal, le conseil d’administration de Suez , qui se réunit aujourd’hui, devrait se pencher sur cette question. Or, on connait la position du patron de Suez, jusqu’ici farouchement opposé à la scission de son groupe.

Hausse des titres

Dans ces conditions, on peut se poser la question : est-ce la fin du feuilleton ? Une chose est sure : le marché semble en tout cas apprécier la fin prochaine de l’incertitude sur le futur des deux groupes. Suez prenait 2.95% et GDF gagnait 1.30% ce matin à Paris. Pour sa part, Jean François Cirelli dédramatise : il a d’ores et déjà exclu toute démission en cas d’échec de la fusion.

La Commission européenne avait l’année dernière autorisé la fusion, mais son autorisation va prendre expirer à la fin du mois de septembre de sorte que si GDF et Suez doivent demander une prolongation, ils devraient le faire dès jeudi. Hier, le Financial Times avait révélé qu’un ultimatum avait été lancé par Suez à l’Elysée, afin que celui-ci prenne une décision rapide dans le dossier avant vendredi. La prise de position de GDF sonne donc comme un retour à l’envoyeur.

Dans le cas d’un échec de la fusion, GDF poursuivrait la réorganisation de ses activités et s’attèlerait à ses projets de développement de ses activités et de ses investissements. La récente acquisition du site de stockage dans le Nord-ouest de l’Angleterre n’est que le premier de ses projets. GDF souhaite investir dans les infrastructures mais aussi dans l’exploration-production et dans l’électricité.

Dans tous les cas, la présentation demain des résultats semestriels de Suez sera, à n’en pas douter, une tribune idéale pour faire un point sur la situation.

Des résultats conformes aux attentes au premier semestre

En attendant, l’entreprise Gaz de France se porte bien, même si les résultats du premier semestre sont en repli par rapport à 2006. Le résultat net, part du groupe passe de 1,695 milliards d’euros à 1,505 ce semestre, un chiffre en conformité avec les prévisions des analystes. Le bénéfice net par action perd 19 centimes d’euros à 1,53 euros. La société enregistre un chiffre d’affaires de 13,778 milliards d’euros contre 15,423 un an auparavant, et un résultat opérationnel de 2,326 milliards, légèrement au-delà des attentes du marché. Toutefois, l’endettement net chute de 3,472 milliards d’euros à 1,510.

Le groupe met en avant la douceur de la saison hivernale et du printemps pour expliquer le recul. Il souligne également que la baisse reste limitée et que les résultats obtenus sont supérieurs à ceux de 2005. Par ailleurs, GDF maintient ses objectifs financiers pour l’exercice en cours.


Les syndicats toujours réticents à la fusion

La fusion Suez-Gaz de France ne s’est toujours pas attiré les faveurs des syndicats. En témoigne la réaction de Jean-Claude Mailly qui a rappelé ce matin sur France Info que son organisation restait opposée au projet de fusion entre les deux groupes. Il n’a par ailleurs pas manqué de rappeler les ses réticences de Nicolas Sarkozy à l’encontre de ce projet : "Je ne sais pas ce que décidera le président de la République, dont je rappelle qu’il a toujours été très réservé quand il était ministre de l’Economie sur cette fusion elle-même". Pour lui, la privatisation de GDF n’est pas une solution : "Nous ne souhaitons pas cette fusion depuis le début. Suez a des problèmes ou avait des problèmes qui sont des problèmes de structure du capital et ce n’est pas par la privatisation de Gaz de France qu’on résout ce problème" a-t-il déclaré. Force ouvrière souhaite notamment que GDF "reste dans le giron public."


Chronologie du dossier Suez - GDF

Initié en février 2006 au nom du "patriotisme économique", le projet de fusion entre Suez et GDF a connu de nombreux rebondissements.

25 février 2006 : Le premier ministre de l’époque, Dominique de Villepin annonce la fusion entre Suez et Gaz de France. Quelques jours auparavant, des rumeurs circulaient sur une possible OPA hostile d’Enel sur Suez. Il doit à l’époque devenir le numéro deux mondial d’électricité et de gaz par sa valeur boursière, avec une capitalisation combinée de 72 milliards d’euros.

21 Mai 2006 : Le gouvernement boucle le projet de loi de privatisation de Gaz de France.

19 juin 2006 : Thierry Breton annonce le report de son projet de loi au mois de septembre.

15 aout 2006 : Sur France 2, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, se résout à soutenir le projet Suez-GDF : "J’ai indiqué mon accord à ce projet pour constituer un grand pôle énergétique français"

7 septembre 2006 : le projet de loi de privatisation de GDF est lancé. 137449 amendements avaient été déposés contre le projet de loi, ce qui constitue un record sous la 5° République.

27 septembre 2006 : la privatisation de Gaz de France est approuvée par les députés

25 octobre 2006 : le Senat donne son accord à la fusion.

8 novembre 2006 : la loi sur l’énergie est adoptée.

14 novembre 2006 : la commission européenne donne son feu vert au rapprochement

21 novembre 2006 : La justice reporte un conseil d’administration de GDF. La fusion est impossible avant 2007, après un recours du CCE européen de Gaz de France.

30 novembre 2006 : la conseil constitutionnel valide la fusion Suez GDF tout en indiquant que celle-ci ne pourrait être effective avant le 1er Juillet 2007, date d’ouverture du marché européen de l’énergie.

Début janvier 2007 : des rumeurs font état d’une possible offre de François Pinault sur Suez.

4 mai 2007 : assemblée mouvementée chez Suez, où certains actionnaires se montrent réservés sur la fusion

23 mai 2007 : le nouveau premier ministre François Fillon indique que la fusion Suez GDF n’est qu’une "option" parmi d’autres.

5 juillet : Christine Lagarde, François Fillon et Nicolas Sarkozy se rencontrent à l’Elysée pour évoquer le dossier.

13 juillet : François Fillon indique qu’il n’y a « pas d’urgence à décider » sur le dossier.

28 août : selon le Financial Times, Gerard Mestrallet, PDG de Suez aurait donné jusqu’à vendredi pour décider du sort de la fusion.

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