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LAURENCE CHAVANE. | Le Figaro le 28 mai 2007

Le grand audit de la formation professionnelle

lundi 28 mai 2007 par Laurence Chavane
Le Sénat veut accélérer la modernisation du système actuel. La mission d’information fait demain un point d’étape avant de rendre son rapport en juillet.

COMMENT mieux former les Français pour répondre aux besoins des entreprises ? Et éviter de laisser au bord de la route les jeunes et les chômeurs en cours de carrière ? Tout le monde semble d’accord pour réformer le coûteux dispositif de formation professionnelle (24 milliards d’euros par an) qui se révèle de surcroît peu efficace. Mais la mise en mouvement de l’édifice, bâti non sur les besoins du marché de l’emploi mais sur un droit de tirage proposé aux salariés, se révèle délicate.

Alors que Nicolas Sarkozy a annoncé durant sa campagne la nécessité de « trouver des économies », en matière de formation, le débat sur la sécurisation du parcours professionnel reprend cette semaine avec la publication d’un rapport du Conseil économique et social et demain le point d’étape de la mission d’information du Sénat sur la formation professionnelle.

Les sénateurs reçoivent, entre autres, Jacques Delors, président du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc), qui est convaincu de l’urgence de la remise à plat du système. Lancée en janvier, la mission a réalisé plus d’une cinquantaine d’auditions à travers la France et encore la semaine dernière en Allemagne. Mais malgré ses résultats très positifs pour l’emploi, le système outre-Rhin est apparu éloigné de la culture française : plus soucieux d’apporter une réponse aux nécessités de l’économie que de répondre à la demande sociale.

« La France a une culture de méfiance à l’égard de l’entreprise et c’est particulièrement vrai du système éducatif. La pire des choses serait de calquer un modèle sur un autre », estime Jean-Claude Carle, sénateur UMP de Haute-Savoie, à l’origine de ce vaste audit. Sans être encore en mesure de faire des propositions précises, – elles seront finalisées d’ici à juillet, date de la publication du rapport –, il a tiré de ces consultations quelques grands objectifs.

"Un cadre trop permissif"

Pour lui, améliorer le dispositif de la formation professionnelle, « c’est abandonner une logique de moyens pour une logique de résultats ». Constatant que la formation est davantage considérée comme une dépense que comme un investissement, sa « seule certitude » est la nécessité « d’arrêter l’inflation budgétaire ». Si des économies sont à faire dans certains secteurs, ce sera pour donner plus de moyens ailleurs.

Quant à l’offre de formation elle-même, il juge « le cadre trop permissif ». Des propositions seront faites pour mieux la réglementer et créer une instance d’évaluation des prestations réellement indépendantes. « L’évaluation fait défaut à tous les niveaux : le financement, la qualité des services et leur résultat. Ce n’est pas en France propre à la formation professionnelle » souligne le président de la mission.

Le fait que ce dispositif essentiel à l’économie dans un monde en pleine évolution technologique dépende d’au moins six ministères pose également problème. Plus de cohérence sera proposée et peut-être un ministère de référence, ou au moins un chef de file pour gagner en lisibilité : « On se refile l’élève, l’étudiant, le stagiaire avec des formations longues débouchant sur l’ANPE », relève aussi Jean-Claude Carle.

Enfin, la nature mi-publique, mi-privée du système serait conservée. Un symbole : le droit individuel à la formation, parfois jugé moins directement profitable à l’entreprise, serait gardé mais assoupli car « son esprit est bon ».

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